Le Parlement européen incité à se tourner vers le logiciel open source

Plus de transparence : c'est un des avantages des solutions open source, selon leurs partisans.
Plus de transparence : c'est un des avantages des solutions open source, selon leurs partisans. - © Fl'r/Schoschie

Le Groupe des Verts/Alliance libre européenne a écrit au président du Parlement européen, Martin Schulz, une lettre l'exhortant à faire usage de logiciels libres et de standards ouverts en vertu d’une des Règles de procédure de l'institution qui indique qu’elle doit « s'assurer que ses activités sont menées dans une transparence absolue ».

"Open source" ("code source ouvert") désigne des logiciels dont la licence permet la libre redistribution, l'accès au code source et ainsi la possibilité de créer des applications dérivées. Un exemple : le navigateur Firefox. Mais il est loin d’être le seul : l’open source concurrence les logiciels "propriétaires" (dont le code reste secret) dans tous les domaines de l’informatique, que ce soit dans les entreprises, les administrations ou chez les particuliers : environnements serveurs, outils d’ingénierie, solutions de réseaux et sécurité, mais aussi applications de bureau (exemple : la suite Open office) ou gestion des ressources d’une entreprise (ERP).

Un open source n’est pas forcément gratuit et ne doit pas être assimilé à "freeware" (gratuiciel – qui peut être ouvert ou non) ou à "logiciel libre", qui implique certains choix philosophiques. Mais ces trois notions se recoupent souvent.

Certains pouvoirs publics plus open que d'autres

Au niveau des pouvoirs publics, certains font le choix d’utiliser des solutions open source de préférence aux solutions propriétaires. En Wallonie, le recours aux logiciels libres est inscrit dans la déclaration de politique régionale de 2009 (p. 120) et au niveau communal, les sites web d’un nombre croissant de communes sont développés sur le CMS (gestionnaire de contenu) Plone. La commune d’Aiseau-Presles l’explique très bien sur son propre site.

Une entreprise belge a développé une puissante application open source de planification des ressources de l'entreprise, open ERP, capable de concurrencer ses équivalents "fermés" comme SAP ou Sage ERP.

Plus d'open pour plus de transparence

Au niveau européen, le groupe parlementaire des Verts/Alliance libre européenne incite fortement le Parlement à utiliser des solutions open source et libres. Il se réclame de la règle 103 qui impose à l'institution la transparence concernant ses activités. Dans sa lettre, le groupe fait référence à une étude qu'il a commandée l'été dernier au cabinet de conseil néerlandais Mitopics afin de "mieux comprendre comment [les logiciels open source et libres] peuvent contribuer aux efforts du Parlement dans ce domaine".

L'étude, livrée le 31 octobre, émet de vives critiques à l'encontre des réponses données par DG-ITEC, le Département informatique du Parlement, aux requêtes répétées du groupe parlementaire. Si la règle 103 ne semble pas contraindre directement le Parlement européen à adopter des logiciels libres et des standards ouverts, l'étude de Mitopics signale que cette règle impose au Département informatique "d'examiner tous les processus, politiques et organisationnels, et de regarder le flux d'informations, les systèmes informatiques, leurs formats et processus".

Une récente affaire de piratage informatique "éthique" (c’est-à-dire que le hacker ne cherchait pas à nuire mais à démontrer les failles de sécurité du système) au Parlement de Strasbourg a remis en question le choix de Microsoft Exchange (système "propriétaire" fermé) pour la messagerie des eurodéputés.

Patrick Bartholomé

 

 

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