Le musée de Rio avait demandé en prêt une oeuvre de la collection belge

Lors d'Europalia Brésil en 2011, la Belgique a collaboré avec les grands musées brésiliens. "A l'époque on a eu une demande de prêt", a expliqué Alexandra De Poorter directrice générale ad intérim des Musées royaux d'Art et d'Histoire sur les antennes de La Première. C'était "pour le manteau de plumes de Montezuma". Mais "finalement, on ne l'a pas prêté, parce que c'est une pièce très fragile, et il y a un peu de polémique sur l'origine de la pièce, etc. Et donc, surtout pour la fragilité, on a préféré la garder chez nous".

Quant à savoir si c'est parce que la Belgique s'inquiétait déjà de savoir si l'oeuvre allait être bien conservée, elle répond : "C'est surtout pendant le voyage que ce genre de pièces peuvent souffrir. Et puis aussi, est-ce que l'on va nous retourner l'objet ou pas ? C'est aussi une question, donc on a préféré le garder, et finalement on a peut-être bien fait".

Notre patrimoine est-il bien préservé?

Reste que la culture en Belgique est de moins en moins une priorité politique : "Par exemple, on a un groupe de personnel, un service, pour faire l'inventaire, aider à l'inventaire des collections. Il y a six personnes, et seule une personne appartient au personnel du musée. Toutes les autres personnes travaillent sur base d'un projet, mais on sait qu'on a encore besoin de ces gens pendant 10 ou 20 ans avant d'avoir terminé correctement cet inventaire. Donc normalement, on devrait pouvoir intégrer ces gens sur le budget de la dotation. Et donc, le gouvernement tient sûrement à son patrimoine, mais j'ai l'impression que parfois c'est un peu de loin, et selon la personne avec qui on a affaire, il y a un intérêt plus ou moins grand. Et quand les gens visitent vraiment le musée, ils sont emballés et disent : oui, on doit faire quelque chose. Mais pour nous ce n'est pas assez".

"Il ne faut pas se leurrer, un grand incendie détruit tout"

Est-ce que les musées en Belgique risquent un jour de se retrouver dans un état de délabrement comme a pu le vivre le musée de Rio ?

"Tout le monde connaît les problèmes d'infiltration d'eau qu'on a eus. Maintenant, ces dernières années, il y a eu un grand effort quand même de la part du cabinet, de la part de la Régie du bâtiment. Pour l'instant, c'est fini les seaux à gauche et à droite, il y a eu des interventions assez précises, et cet automne vont commencer les grands travaux de toiture. Évidemment, ça sera fait en phase, parce qu'il y a quand même beaucoup de travail. Pour tout ce qui est nouvelle salle, ou expositions temporaires, maintenant nous utilisons des matériaux ignifuges, et donc on fait très attention. On a installé plus de détecteurs d'incendie, il y a des appareils et des extincteurs de feu. Maintenant, il ne faut pas se leurrer : un grand incendie détruit tout, parce qu'il n'y a pas de matériel ininflammable. Donc ce sont des retardateurs, des produits retardateurs qu'on ajoute, du tissu, etc. Mais quand j'ai vu les images de l'incendie à Rio, si ça arrive chez nous, tout brûle. Surtout, on a beaucoup de collections inflammables. Je pense aux papiers ou aux estampes japonaises, par exemple. Maintenant, on va avoir en septembre l'exposition sur Alix, les dessins de Jacques Martin. À la fin de l'année va ouvrir l'exposition sur les Incas, les plumes, textiles, etc. Tout ça, c'est très inflammable. On a une nouvelle salle, le magasin Woolfeers, vous avez sans doute entendu parler de ça. Toutes les vitrines dessinées par Horta, c'est du bois. Et là aussi on a fait extrêmement attention au matériel et aux précautions".

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