Le Mur "artistique" de Berlin ne sera finalement pas reconstruit

Un employé efface les graffitis qui recouvrent les peintures d'un bout restant du Mur de Berlin, en 2015.
Un employé efface les graffitis qui recouvrent les peintures d'un bout restant du Mur de Berlin, en 2015. - © JOHN MACDOUGALL - AFP

Le projet pharaonique et controversé d'un artiste russe de reconstruire temporairement et en partie le Mur de Berlin ne verra finalement pas le jour, a indiqué ce vendredi la capitale allemande.

Les autorités locales n'ont finalement pas donné leur autorisation à la construction de ce monument pour des raisons de sécurité routière et de risque d'incendie, a affirmé à l'agence allemande DPA Sabine Weissler, conseillère de quartier à Berlin.

En outre, faute de temps, la Ville n'avait pas pu collecter dans les délais requis des autorisations de la part des riverains.

"Il n'a pas été possible pour l'organisateur de garantir un déroulement sûr de l'événement", a affirmé Mme Weissler, précisant qu'un projet d'une telle ampleur aurait dû être proposé à la Ville au moins un an à l'avance.

6,6 millions d'euros de budget

Or les organisateurs, qui avaient préparé leur dessein dans le plus grand secret, n'ont prévenu les autorités que début août.

Le projet du cinéaste russe Ilja Khrjhanovski, 43 ans, consistait à partir du 12 octobre et jusqu'au 9 novembre, jour de la chute en 1989 du "vrai" Mur ensuite détruit en majeure partie, à encercler tout un quartier du centre-ville de Berlin par un mur de béton de près de 4 mètres de haut.

Érigé pour 6,6 millions d'euros, l'ouvrage devait symboliquement être détruit pour le 29e anniversaire de la chute du Mur, qui a balafré Berlin et séparé ses habitants pendant 28 ans.

Son objectif était de susciter l'espace de quelques semaines "un débat politique et social sur la liberté et le totalitarisme, la surveillance, la coexistence et l'identité nationale", avaient expliqué les hôtes berlinois de ce projet.

Le Mur n'est pas un jouet événementiel

Au sein de cette "ville dans la ville" devait ensuite être projeté la première mondiale de "DAU", énigmatique suite de films entamée il y a 13 ans par M. Khrjhanovski.

"DAU-Liberté", l'événement berlinois, devrait précéder "DAU-Egalité", prévu en novembre à Paris, puis "DAU-Fraternité" début 2019 à Londres, tous organisés par l'homme d'affaires et philanthrope russe Sergueï Adoniev, installé dans la capitale britannique.

Mais ce projet de reconstruire le Mur suscitait la controverse parmi les Berlinois.

Certaines personnalités avaient exprimé leur opposition dans une lettre ouverte publiée début septembre en expliquant "ne plus vouloir voir de mur".

"Pendant trois décennies, le Mur avait déterminé la vie à Berlin, à l'Est comme à l'Ouest. Il était amèrement sérieux. Celui qui était encerclé par celui-ci était coincé, il ne pouvait pas sortir. Ce n'était pas un jouet événementiel", y expliquaient les signataires.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK