Coup de tonnerre : les bourgmestres N-VA de Boom et Runst interdisent la tenue du festival Tomorrowland cette année

La décision du Comité de concertation du 4 juin semblait taillée pour le festival Tomorrowland. Elle permettait la tenue d’évènements jusqu’à 75.000 personnes, à partir de la mi-août. Le festival pouvait donc bien avoir lieu cette année. Mais les autorités locales refusent à présent de donner leur feu vert à l’organisation.

Les bourgmestres des deux communes où se déroule le festival, Boom et de Rumst, Jeroen Baert (N-VA) et Jurgen Callaerts (N-VA), estiment que, même si la situation s’est améliorée, l’organisation d’un tel évènement est trop risquée.

Sujet dans notre 19h30 de ce vendredi

Un coup de massue

Pour les organisateurs, c’est "un véritable coup de massue”. Ils réagissent, dans un communiqué de presse : “L’annulation de Tomorrowland pour la deuxième année consécutive serait une énorme catastrophe pour notre entreprise, mais aussi pour les plus de 1500 fournisseurs, les nombreux indépendants et les milliers de membres de notre personnel qui sont concernés. Nous sommes toujours prêts à 100% à tout organiser de manière aussi professionnelle que la situation épidémiologique le permet.”

Des risques sanitaires trop élevés ?

Les bourgmestres disent avoir consulté des experts du GEMS (Groupe d’Experts de stratégie de crise pour le Covid-19), selon lesquels les risques épidémiologiques seraient très élevés, vu qu’il s’agit d’un événement à dimension internationale, que la couverture vaccinale de la population n’est pas encore complète et que l’impact des variants n’est pas encore clair.

Les bourgmestres estiment par ailleurs que, l’arrêté ministériel permettant la tenue d’événements avec plus de 75.000 personnes n’étant pas encore publié, ils ne peuvent pas prendre la responsabilité d’organiser un événement d’une telle ampleur.

Trop de travail pour la police

Enfin, la police locale estime qu’elle ne serait pas en mesure d’assurer la sécurité de l’événement. La charge de travail due aux contrôles sanitaires serait trop importante.

Interrogée sur les ondes de la VRT, la ministre de l’Intérieur (CD&V), a réagi : “Le gouvernement fédéral a tout fait pour créer un cadre pour l’organisation d’un festival à partir de la mi-août. L’arrêté ministériel qui est d’application aujourd’hui court jusqu’au 30 juin, et il n’y figure pas d’interdiction de grands événements. Tout le monde sait qu’après le Comité de concertation de ce vendredi après-midi, on définira l’arrêté ministériel qui sera d’application cet été. On a toujours dit qu’on devrait évaluer si les chiffres avaient assez diminué pour pouvoir faire des assouplissements à partir du 1er juillet.

Le gouvernement fédéral a tout fait pour créer un cadre pour l’organisation d’un festival à partir de la mi-août.

Quant aux difficultés de la police, la ministre précise qu’elle les comprend, et que le gouvernement va faire en sorte que des entreprises de sécurité privées puissent assurer les contrôles, par exemple, des “Covidsafe ticket”.

Le gouvernement flamand a intérêt à ce que le festival ait lieu

Le ministre flamand des Affaires intérieures, Bart Somers (Open Vld), a annoncé de son côté qu’il allait discuter avec les deux bourgmestres. “Bien sûr, c’est aux communes de décider de la tenue de certains évènements sur leur territoire, mais, au gouvernement flamand, nous avons justement travaillé pour rendre les festivals à nouveau possibles cet été.” Le ministre dit vouloir soutenir le secteur culturel et événementiel. "Si Pukkelpop peut le faire, ajoute-t-il, alors je suis convaincu que nous pouvons aussi organiser Tomorrowland."

Le gouvernement flamand a intérêt à ce que le festival ait lieu, précise le Morgen. En Flandre, les organisateurs d'événements avaient en effet la possibilité de demander une aide financière, sous la forme d'une avance remboursable, qui pouvait atteindre 60% du coût total, avec un maximum de 1.8 millions d'euros. Si l'évènement ne peut pas avoir lieu à cause des mesures Corona, l'organisateur ne doit pas rembourser les dépenses déjà réalisées. Selon la ministre flamande de l'Economie, Hilde Crevits (CD&V), Tomorrowland bénéficierait du montant maximal, à savoir 1.8 millions d'euros.

Et les tickets?

L’annulation du festival semble donc encore incertaine, mais la question des tickets, déjà vendus, se pose (le festival est soldout). Debby Wilmsen, la porte-parole du festival précise, dans le Standaard, qu’aucune décision n’a encore été prise mais que ”beaucoup de gens changeront probablement leur billet pour l’édition 2022.” Or, les 400.000 tickets de l'édition annulée en 2020 avaient déjà été reportés. Cela risquerait donc de faire beaucoup de candidats pour 2022.

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