Le "Faux Soir", un acte de résistance qui fait "mourir de rire"

Le "Faux Soir", un acte de résistance qui fait "mourir de rire"
Le "Faux Soir", un acte de résistance qui fait "mourir de rire" - © Tous droits réservés

Il y a 70 ans, en 1943, sortait le Faux Soir, un des hauts faits de la résistance en Belgique. Nous sommes en pleine guerre mondiale, sous l'occupation. Le "vrai" journal Le Soir a été confisqué par les Allemands. Des résistants belges vont avoir l'idée de publier un "Faux Soir", qui tourne complètement l'ennemi en dérision. Certains le paieront de leur vie, d'autres seront emprisonnés.

Le Faux Soir c'est un bon tour joué par une trentaine de filous, bien décidés à se payer la tête et de l'ennemi allemand, et des collabos qui continuaient à écrire pour Le Soir confisqué.

On sent la jubilation dans les propos de Fernand Demany et dans ceux de Adrien Vanden Branden de Reeth, tous rédacteurs en chef du "faux" Soir. "Pouvoir un jour lutter avec la presse asservie presque à armes égales c'est une occasion qu'on aurait été coupables de pas saisir avec enthousiasme", racontaient-ils.

Alors ils s'y mettent: ils trouvent un imprimeur, et le moyen de distribuer Le faux Soir, juste avant le vrai. La forme est la même, mais le fond n'est qu'une vaste blague. "C'est une histoire bien belge en fait", explique Béatrice Delvaux, actuelle éditrice du journal. "Ça a été retenu comme un geste merveilleux de résistance parce qu'il ne fait pas de mort, mais il fait mourir de rire".

Pierre Balencourt, imprimeur résistant, en gardait un bon souvenir. "C'est d'avoir bien joué avec leurs pieds, et de les avoir bien possédés et d'avoir fait rigoler beaucoup de monde", racontait-il.

L'impact a même été plus important : cet acte de résistance a contribué à redresser le moral de la population, qui s'apprêtait à affronter un nouvel hiver de guerre.

D. Van Ossel, avec K. Azzouz

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