Le co-fondateur belge du "WWW" revient sur l'histoire du projet

Le co-inventeur du World Wide Web, le Belge Robert Cailliau, a donné une conférence à l'UMons lundi en soirée dans le cadre du projet-exposition "Les pionniers de l'internet en Europe", organisé par le Mundaneum de Mons avec le soutien de la société "Google" implantée à Mons.

Robert Cailliau est notamment revenu sur la genèse du projet "World Wide Web" en 1989 au sein de l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) à Genève, sur l'écriture du logiciel en 1990 et le passage dans le domaine public du "WWW" en 1993.

Des centaines de millions de personnes dans le monde utilisent depuis lors à chaque instant le "Word Wide Web", véritable toile mondiale virtuelle de l'information.

"L'idée de départ était d'intégrer tout format d'information lisible par l'homme et par la machine", a indiqué Robert Cailliau. "Nous voulions d'abord créer une bibliothèque automatisée pour les chercheurs du CERN, un outil pour partager le savoir via des logiciels libres. Contrairement aux idées reçues, les Américains n'ont donc rien à voir avec la création du web."

Les années 1995-2005 ont été, selon Robert Cailliau, celles de la guerre des navigateurs web, Microsoft Explorer, Netscape...; celles aussi de l'arrivée des virus, des trojans, etc.

"La vitesse et la capacité des disques durs ont permis de mettre un peu tous les formats de fichiers en ligne sur le web", a poursuivi Robert Cailliau. "Un des échecs a été celui des logiciels d'édition web trop souvent trop compliqués, celui des difficultés d'implémenter son serveur chez soi, d'avoir ainsi accès en direct à ses propres données, ce qui n'est pas vraiment le cas aujourd'hui", selon Robert Cailliau.

"Aujourd'hui, le web, c'est Facebook et les sites commerciaux, le triangle "lecteur-rédacteur-commercial". Tout ce qui se trouve sur le net est catalogué dans les serveurs de Google. Pourtant le futur de l'internet n'est pas seulement dans la technologie, il est aussi, surtout, dans la population, la démographie", a commenté Robert Cailliau sur un ton à la fois serein et assez pessimiste, en concluant "l'individu de demain qui n'aura pas l'esprit critique sera mort". Le résumé de tout l'enjeu du web selon ses fondateurs.

Belga

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