Le business juteux des fake news: plusieurs centaines de millions de dollars de revenus générés par les publicités

Les fake news et la désinformation de manière générale sont au centre du débat public. Les fausses informations pullulent sur internet, les réseaux sociaux, mais aussi dans le monde politique et sont très rapidement relayées. Avec à la clé, beaucoup d’argent.


►►► "Junk news", "fake news"… 6 conseils pour ne pas se faire avoir quand on consulte des infos sur internet


La majorité de ces sites sont effectivement financés par la publicité en ligne. Plus vous partagez un article sur les réseaux, plus il va générer du clic vers le site principal. Là où il y a d’audience, il y a de l’argent. Ce "business model" fonctionne, que l’information soit vraie ou non. L’objectif principal étant que l’information devienne virale.

Selon une nouvelle étude de l’ONG Global Disinformation Index, relayée par CNN avant sa parution en septembre, 235 millions de dollars de revenus sont générés, chaque année, grâce à des annonces diffusées sur les sites extrémistes et de désinformation.

L’organisation a analysé 20.000 domaines qu’elle soupçonnait justement de désinformation, examiné le trafic de ces sites Web, les informations sur leur audience, les types d’annonces et le montant par visiteur.

La "publicité programmatique"

Mais ces conclusions ne reflètent que "la partie immergée de l’iceberg", a indiqué Danny Rogers, directeur technique du Global Disinformation Index.

Il précise que le monde de la publicité en ligne est complexe et que les entreprises ne savent pas toujours où leurs annonces aboutissent. La raison : "la publicité programmatique". Mais de quoi s’agit-il ?

Dans le cadre de "la publicité programmatique", l’achat et la vente d’espaces publicitaires se font de manière totalement automatisée. Les annonceurs vont fixer les paramètres et les budgets des campagnes publicitaires et l’algorithme se charge de distribuer automatiquement les annonces.

"Parce qu’elles ciblent le consommateur individuel en fonction des sites déjà visités, les entreprises ne savent souvent pas sur quels sites leurs annonces peuvent apparaître", indique Sleeping Giants (qui existe aussi pour l’Europe), un réseau d’activistes du web, qui prévient les annonceurs lorsque leurs publicités se retrouvent sur des sites de désinformation ou extrémistes.

"Les sites de désinformation peuvent écrire ce qu’ils veulent et se faire payer parce qu’ils génèrent du trafic", peut-on encore lire.

Le fondateur de Sleeping Giants, Matt Rivitz, a également déclaré dimanche sur CNN que "les annonceurs doivent jouer un rôle dans la surveillance de l’affichage de leur contenu".

Leur cible principale est le site Breitbart.com, le site phare de l’extrême droite américaine, qui se revendique anti-islam, sexiste, homophobe,…  Sleeping Giants signale aux entreprises la présence de leur marque à côté d’articles de Breitbart et les incite à retirer leurs publicités du site.

Lutte contre les fake news

Pour lutter contre les fake news, plusieurs sites d’informations (Le Monde, Libération) et certains réseaux sociaux comme Facebook, mettent en place des outils pour identifier les fausses informations. Instagram, qui appartient à Facebook, a lui aussi annoncé qu’il sera désormais possible de signaler les publications contenant des fausses informations sur son réseau.

La publication signalée sera alors analysée par une équipe qui choisira de la cacher ou non de la page d’exploration et des pages de hashtag. La publication ne devrait toutefois pas être retirée de la page de l’utilisateur qui l’a postée, mais uniquement cachée pour les autres.

YouTube aussi a modifié son algorithme de recommandation afin que les recherches d’actualités affichent des résultats issus de sources fiables.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK