Le Belge Jean-Pierre Orban lauréat du Prix du Livre européen

Jean-Pierre Orban
Jean-Pierre Orban - © Capture d'écran YouTube

Le Prix du Livre européen récompense ce mardi soir l’auteur belge Jean-Pierre Orban pour son roman "Véra" publié aux éditions Mercure de France. Le jury présidé par l’écrivain italien Erri De Luca a choisi ce roman pour l’ouverture à l’histoire contemporaine européenne, celle de l’Italie, du Royaume-Uni et de la France, au XXème siècle.

C’est le critère primordial de cette sélection, et le livre primé de Jean-Pierre Orban "Véra" réunit cette composante : il nous raconte l’évolution à Londres de la petite Véra, une enfant arrivée d’Italie avec ses parents immigrés à Londres dans les années 20, au moment où Mussolini installe son pouvoir en Italie. Le père et la mère de Véra viennent de deux régions différentes d'Italie, ils parlent chacun leur patois.

La petite Véra va apprendre à se débrouiller dans ce quartier appelé "Little Italy", elle va jongler avec toutes ces langues, le dialecte de ses parents, l’anglais enseigné à l’école, et l’italien plus pur que va lui enseigner un cours que lui propose une femme, Nunzia Chiegi, proche de l’ambassade italienne à Londres. La petite Véra va suivre ces cours, elle va adorer l’image différente qu’on va lui proposer des Italiens, elle, fille de docker pauvre et de petite épicière... Dans ces cours, elle va découvrir avec fierté le passé conquérant de l’Italie dans l’histoire de la civilisation. On lui raconte une autre histoire que la sienne, fille d’immigrés pauvres.

Recruteuse

Mais qui est cette fameuse Nunzia ? C’est une recruteuse pour les jeunesses fascistes. Elle l’a repérée, la petite Véra, bonne élève, curieuse. Et donc sournoisement, l’étau se resserre autour de l’enfant. On lui montre de beaux livres pleins d’images, elle aura des camps de vacances gratuits. Les parents ne peuvent qu’accepter. Ils n’ont pas la force de refuser ce qui enchante leur fille. Et mois après mois, elle suit totalement cet enseignement à la gloire de Mussolini. Comme elle est brillante, c’est elle qui sera choisie pour partir en Italie un mois, et clou final prononcer un petit discours et chanter devant le grand Mussolini à Rome.

Véra fait dès lors partie des jeunesses fascistes, mais tout ça prend fin lorsque Mussolini déclare la guerre aux alliés, et donc à l’Angleterre. Jean-Pierre Orban raconte une page d’histoire assez mal connue : Winston Churchill décide de bannir tous les italiens du Royaume-Uni, de les extrader. Les policiers vont traquer tous les Italiens de Londres, les récemment arrivés et ceux qui sont implantés depuis plusieurs générations. Pour le père de Véra, homme tout simple, qui bosse comme docker et ne veut aucun problème avec personne, c’est la surprise : il se retrouve embarqué dans un bateau en direction d’une île inconnue, sans avoir pourquoi… C’est un des moments forts de ce roman.

Ce roman aborde donc plusieurs thèmes : celui de l’immigration italienne en Angleterre, et celui de la quête d’identité à travers la langue parlée.

Erri De Luca, président du jury, nous parle du choix du livre de Jean-Pierre Orban

Jean-Pierre Orban est lauréat du Prix du livre européen dans la catégorie roman pour son livre "Véra", publié aux éditions Mercure de France.

L’Autrichien Robert Menasse reçoit également le Prix dans la catégorie essai pour son livre "Un messager pour l’Europe" paru en français aux éditions Buchet Chastel.

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