Laurent Busine : "Réduire les budgets de la culture, c'est une bêtise"

Laurent Busine sur le plateau du JT de 13h
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Laurent Busine sur le plateau du JT de 13h - © RTBF

Laurent Busine, directeur du musée des arts contemporains (MAC's), était l'invité spécial du JT de 13h de la RTBF ce mardi. L'homme qui partira à la retraite au mois de janvier s'est glissé dans la peau d'un rédacteur en chef le temps d'une matinée. Une invitation à laquelle il a répondu positivement, cédant à sa curiosité : "Tout au long de ma carrière, j'ai plutôt été à la place de l'interviewé. Cette proposition m'a tout de suite plu, parce que je ne connais pas les ficelles du métier. Je me suis rendu compte que c'était beaucoup plus compliqué que ce que j'imaginais", avouait-il ce midi à Véronique Barbier sur le plateau du JT.

Tout au long de la matinée, il a participé au travail de la rédaction, assistant à la réunion du matin et se rendant même sur le terrain pour réaliser un reportage sur les patinoires très énergivores à cause des températures actuelles.

Commentateur de l'actualité

Sur le plateau du JT, Laurent Busine a également commenté l'actualité. Même celle concernant les radars wallons qui ne flasheraient que les voitures dépassant les 150 km/h au lieu de 120 : "Les radars ne sont pas là pour faire des PV, ils sont mis pour ralentir les voitures. Ça me fait penser à une chose très curieuse dans le monde de l'art : la surévaluation de certaines œuvres. On dit parfois d'une œuvre qu'elle vaut 150 alors qu'elle vaut 120. On augmente et on trompe. En matière de sécurité routière ou dans le monde de l'art, tromper, c'est une abomination".

"Réduire les budgets de la culture, c'est une bêtise"

Quand le journal télévisé évoque l'actualité du gouvernement fédéral, Véronique Barbier interroge Laurent Busine sur les politiques récentes visant à diminuer les budgets alloués à la culture. "Je comprends que tous les secteurs doivent faire des efforts", explique-t-il, "mais ce qu'on gagne sur la culture, ce sont des cacahuètes. J'aime rappeler cette phrase de Barbara Hendricks : ce qu'on ne dépensera pas dans la culture, on va devoir le dépenser dans les prisons. La culture, c'est rassembleur. Couper dans les budgets de ce qui est rassembleur, je pense que c'est une bêtise, surtout au vu de ce que ça rapporte".

Baisse de fréquentation du MAC's suite aux attentats de Paris

En lien avec les attentats de Paris, le directeur du MAC's a aussi expliqué qu'il avait ressenti une baisse de fréquentation de son musée. "C'est bien normal", confie-t-il à Véronique Barbier, "tout rassemblement devenait problématique pour les gens après le 13 novembre. Mais peu à peu, on a senti que les choses s'amélioraient. Le public est revenu au Grand Hornu. Reste cette grande incompréhension face à ces actes qui sont tellement impensables qu'ils ne sont pas transmissibles par la parole. Curieusement, c'est la même chose en culture, on ne peut pas toujours dire les choses".

Une carrière longue et riche

Laurent Busine est enfin revenu sur sa longue carrière de directeur de musée et de commissaire d'expositions. En 30 ans, il a vu ce milieu considérablement évoluer : "Aujourd'hui, on porte beaucoup plus d'attention à la scénographie qu'il y a 30 ans, on ne présente plus les expositions de la même façon. Le service éducatif est aussi devenu beaucoup plus important qu'avant, j'en suis ravi parce que c'est essentiel".

Le directeur du MAC's se dit philosophe face à l'avenir de la culture : "C'est un monde qui est en constante évolution. Les artistes qui créent aujourd'hui sont le miroir de notre époque. On reçoit toujours une réponse à une question qu'on ne s'est pas encore posé. C'est fantastique".

Ce jeudi 23 décembre, un autre personnage issu du monde sportif cette fois occupera le poste de rédacteur en chef d'un jour : le pongiste Jean-Michel Saive.

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