Lancer sa start-up en Belgique: difficile mais pas impossible

Lancer sa startup en Belgique: il ne suffit pas d'avoir des fonds.
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Lancer sa startup en Belgique: il ne suffit pas d'avoir des fonds. - © Tous droits réservés

Nest'up a organisé un Demo Day autour des start-ups belges. Parmi ces start-ups en devenir, il y a celle de Gauthier Fraiture, Corentin Wilmot et Simon Litt, SportyMe qui veut devenir le réseau social du sport, destiné à tous ceux qui ont un rapport de près ou de loin avec le sport. Une sorte de LinkedIn pour le monde du sport. Ils évoquent leur parcours et la façon dont une start-up peut se lancer en Belgique.

C'est quoi une start-up ?

La définition: "La start-up est une jeune entreprise innovante à fort potentiel de croissance qui fait souvent l'objet de levée de fonds. On parle également de start-up pour des entreprises en construction qui ne sont pas encore lancées sur le marché commercial (ou seulement à titre expérimental). Elle est en phase plus ou moins longue de développement d'un produit, de test d'une idée, de validation d'une technologie ou d'un modèle économique. Le risque d'échec est supérieur aux entreprises traditionnelles du fait des petites tailles et du manque de visibilité de ces structures.

C'est justement comme cela qu'ils décrivent leur projet. Comme Gauthier et Corentin l'expliquent, "on est encore au stade de projet de start-up, on n'a pas encore de statut, pas de produit définitif, le business model n'est pas établi, nous ne sommes pas encore opérationnels. Nous sommes toujours en phase de test, même si on a déjà un bon nombre d'utilisateurs et même quelques ventes".

Une idée avant tout

Mais avant d'en arriver là, il faut avoir une idée, quelque chose à développer et celle-ci ne tombe pas du ciel. "C'était un mélange d'humeurs combinées à quelques faits précis, explique Gauthier. D'abord, en sortant des études on a des offres, on cherche du boulot. J'en ai reçues quelques-unes via LinkedIn et donc je me suis aperçu d'une certaine efficacité du réseau social. Ensuite je suis allé voir Corentin jouer au basket, je me suis demandé s'il existait un réseau qui liait tous les basketteurs en Belgique. Puis pour finir, j'ai eu un entretien dans une start-up. Malheureusement ils n'avaient pas de boulot à me proposer mais ils m'ont souhaité de trouver mon bonheur dans ce milieu car j'avais les qualités pour. Je me suis alors dis, mais crée la toi-même ta start-up. J'en ai parlé aux autres et tout s'est enchaîné".

L'aventure Nest'up commence

Ils donnent leur candidature et le retour est positif, grâce à Nest'up ils se rendent compte que le projet tient la route et qu'ils peuvent le faire. Car sans ce programme d'aide, cela aurait été très difficile. Cela a été une aide cruciale. Pour Gauthier: "Même si toutes les start-ups ne passent pas là, seul on abandonne beaucoup plus vite, on a pas de méthode, on a connu en 3 mois les échecs et les réussites que l'ont aurait pu vivre en une année. De plus, les moyens techniques à notre disposition sont un réel adjuvant. Sans compter que l'avis des professionnels donne de la consistance au projet. Si eux y croient cela justifie nos choix. Même si c'est difficile. Il y a énormément de hauts et de bas. On apprend qu'on a un concurrent, puis le lendemain on se rend compte que notre idée est mieux. C'est une accumulation permanente de difficultés, mais ça reste un beau défi."

"En Wallonie on rattrape un certain retard, il y a une prise de conscience, mais l'envie d'entreprendre n'est cependant pas encore ancrée dans les esprits. On nous prend parfois pour des fous. C'est très frustrant quand quelqu'un nous demande : 'sinon vous travaillez quand?' Alors que ce projet va peut-être influencer toute notre vie", explique Corentin.

Un futur encourageant

"On manque encore de savoirs, de connaissances, de méthodes. On ne sait pas encore si cela va marcher finalement. On pense souvent qu'il suffirait d'une grosse somme d'argent pour démarrer. C'est faux. On a surtout besoin de compétences et d'une équipe fiable et complémentaire. Même si des revenus peuvent permettre de tester et de mettre au point une recette. C'est cette recette qui permettra de savoir que ça peut fonctionner", relatent-ils.

La situation en Belgique

Omar Mohout, personnalité de l’entrepreneuriat technologique en Flandre interrogé dans un article du Soir, fait le point."Il n’y a jamais eu autant de start-up en Belgique, plus de 800. Mais cette bonne nouvelle ne constitue pas en soi un moteur économique créateur d’emplois" , explique-t-il. Il faut consolider notre écosystème au niveau national. "Aucune ville belge ne peut espérer rivaliser avec des villes de 2e division comme Copenhague, Stockholm, Dublin, Barcelone ou Amsterdam. Mais si nous parvenions à fédérer l’ensemble des start-ups du pays, nous pourrions jouer avec Londres, Paris et Berlin en 1re division. Notre pays a l’avantage d’être très dense, les distances sont plus ou moins les mêmes que dans la Silicon Valley. Et nous comptons beaucoup de très bons ingénieurs".

Il faut aussi un cadre fiscal attractif: "En quelques années, le Chili a rejoint le top 10 des écosystèmes mondiaux pour les start-ups, grâce à une politique volontariste qui accorde facilement des permis de travail autant que des incitants financiers. Déclare Omar Mohout, qui souhaite des mesures d’incitation pour les investissements à risque, "qui au final ne coûtent rien à l’état car elles créent de l’activité". Enfin: "Les start-ups seules ne suffiront pas à créer des milliers d’emplois. Elles doivent entraîner dans leur sillage nos PME, pour la plupart totalement dépourvues face au futur numérique qui se dessine".

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