"La vérité est en marche et ne pourra pas être arrêtée", dit E. Snowden

Le jeune homme de 29 ans, réfugié depuis le 20 mai à Hong Kong, a également rejeté l'accusation d'être un espion chinois: "C'est une attaque prévisible et je l'avais anticipée avant de sortir de l'ombre", a déclaré l'ex-consultant de l'Agence de sécurité nationale (NSA) lors d'un échange en direct avec des internautes sur le site du quotidien britannique Guardian.

"Posez-vous la question: si j'étais un espion chinois, pourquoi n'aurais-je pas fui directement à Pékin", a-t-il poursuivi.

Dans une interview diffusée dimanche par la chaîne Fox News, l'ancien vice-président américain Dick Cheney avait fait part de sa "profonde suspicion" suscitée par la fuite de Snowden en Chine - ce qu'a nié Pékin également.

"Le gouvernement américain ne pourra pas étouffer (cette affaire) en m'emprisonnant ou en me tuant. La vérité est en marche et ne pourra pas être arrêtée", a ajouté Edward Snowden. Interrogé sur les raisons qui l'ont poussé à fuir vers Hong Kong avant la publication des documents qu'il a révélés, il a expliqué qu'il pensait qu'il ne serait pas jugé de manière équitable aux Etats-Unis. "Le gouvernement américain, comme il l'a déjà fait dans le cas d'autres 'lanceurs d'alerte', a immédiatement et de manière prévisible interdit toute possibilité d'un procès juste dans mon pays en me déclarant publiquement coupable de trahison", a-t-il écrit.

"Quitter les Etats-Unis représentait un énorme risque, puisque les employés de la NSA doivent déclarer tout voyage à l'étranger 30 jours à l'avance et sont surveillés", a-t-il précisé. "Il me fallait me rendre, sans réservation préalable, dans un pays au cadre culturel et juridique me permettant de travailler sans être immédiatement détenu", a-t-il expliqué. Edward Snowden a également promis de donner de plus amples détails sur la manière dont la NSA peut avoir un "accès direct" à des données privées sur internet. "Plus de détails sur le caractère direct des accès de la NSA (à ces données) vont venir", a-t-il déclaré, en assurant que les agents américains avaient accès à des e-mails ou des historiques de navigation sur internet privés.

L'Equateur étudiera toute demande d'asile d'Edward Snowden

Par ailleurs, l'Equateur a annoncé, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Ricardo Patino, qu'il étudiera toute demande d'asile d'Edward Snowden. "S'il veut demander l'asile au gouvernement équatorien, il peut le faire et bien sûr nous étudierons sa demande", a indiqué Ricardo Patino à l'issue de sa rencontre à Londres avec le fondateur de WikiLeaks Julian Assange.

Le créateur australien de ce site internet, est retranché depuis un an dans l'ambassade d'Equateur à Londres afin d'échapper à une extradition vers la Suède pour des agressions sexuelles présumées qu'il nie. Il redoute d'être à terme transféré aux Etats-Unis, dont les autorités sont furieuses de la publication par WikiLeaks de centaines de milliers de documents secrets américains, et d'y encourir la peine de mort.

Ricardo Patino a ajouté, qu'en cas de demande d'asile de la part d'Edward Snowden, le gouvernement équatorien l'examinerait "de façon responsable, comme nous l'avons également fait dans le cas de M. Assange".

 


Belga

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