La Somalie, en tête des crimes impunis contre les journalistes pour la cinquième fois d'affilée

La Somalie arrive en tête du classement des pays où les crimes contre les journalistes sont le moins fréquemment résolus et poursuivis, selon une étude publiée mardi par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

C'est la cinquième fois d'affilée que ce pays d'Afrique de l'Est se place en première position de ce classement, qui tient compte des meurtres de journalistes non élucidés mais aussi de la population.

Il prend en compte une période de dix ans, qui va de 2009 à 2019 et n'inclut pas les morts violentes de journalistes lors d'un conflit armé ou lors de la couverture d'événements potentiellement dangereux, comme des manifestations violentes.

25 homicides non élucidés

Pour être considéré comme impuni, un meurtre ne peut pas avoir donné lieu à une condamnation, même d'une partie seulement des mis en cause, ou à la mort d'un suspect lors d'une tentative d'interpellation.

Sur la décennie écoulée, la Somalie compte 25 homicides non élucidés de journalistes. C'est moins que le Mexique (30) ou les Philippines (41), mais davantage lorsque l'on rapporte ces chiffres à la population des pays concernés.

Derrière la Somalie arrivent la Syrie (22) et l'Irak (22), mieux classés du fait de leur population moins importante que le Mexique et les Philippines.

Au total des 13 pays qui figurent dans le classement, 318 journalistes ont été tués pour des raisons qui apparaissent liées à leur métier. Dans 86% des cas, aucun des auteurs n'a été condamné.

Moins impliquées historiquement, les organisations criminelles sont une menace émergente pour les journalistes, notamment au Mexique, pays qui a connu le plus de meurtres cette année, avec cinq, selon la base de données du CPJ.

o Extrait d'une déclaration de Bahame Tom Nyanduga, expert des Droits de l'Homme en Somalie (pour l'ONU), le 26/07/2019

Extrait d'une déclaration de Bahame Tom Nyanduga, expert des Nations Unies des droits de l'Homme en Somalie (26 juillet 2019): traduction: "J'ai exprimé mon inquiétude quant au retard pris dans la mise en place de la Commission nationale des droits de l'homme, dont nous savons que le processus de sélection s'est achevé au cours de l'année 2017. Le retard pris dans sa mise en place affecte la nomination de la Commission des services judiciaires, qui est nécessaire pour assurer la mise en place d'un pouvoir judiciaire indépendant. De même, l'adoption du projet de loi sur les infractions sexuelles au niveau fédéral n'a pas progressé comme prévu. J'exhorte le gouvernement fédéral et le Parlement fédéral à s'attaquer à ces questions en priorité, à savoir l'opérationnalisation de la Commission des droits de la personne et l'adoption du projet de loi sur les infractions sexuelles, car ces deux éléments sont importants pour assurer la protection des droits humains dans le pays."

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