La revue de presse: le diagnostic vital est engagé pour le gouvernement

Hier matin, on se demandait si le gouvernement allait tenir jusque mai. Mais après la journée d'hier, les quotidiens sont unanimes: sauf énorme surprise, ce ne sera pas le cas. 

Le gouvernement est en état de mort cérébrale, constate L'Avenir. Le traumatisme a été causé par la campagne choc de la N-VA, qui a publié hier des "images au vocabulaire d'extrême droite jamais vues pour un parti qui se veut démocratique, et qui fait partie de la majorité. A moins que De Wever ne sorte un lapin de son chapeau, la N-VA met donc virtuellement fin à la coalition"" dit l'Avenir. En faisant appel au Parlement, Michel a mis Bart de Wever devant ses responsabilités : il doit choisir entre faire tomber le gouvernement, ou rester au pouvoir en adoptant le pacte. 

Pour l'Echo, qui parle de "suicide gouvernemental", c'est même un seul choix qu'il reste à la N-VA : quitter le navire. "De quoi anéantir, dit Mathieu Colleyn, les efforts du MR pour montrer qu'une coalition solide avec la N-VA était possible. Au final, toutes les possibilités qui s'offraient au Premier Ministre dans cette crise auraient fourni à l'opposition des munitions à gogo d'ici les élections de mai 2019." 

Un avis pas tout à fait partagé par Béatrice Delvaux dans Le Soir, qui souligne que Charles Michel a enfin mis la N-VA au pas. "C'est la N-VA qui, en le crucifiant publiquement, l'a fait ressusciter, dit Béatrice Delvaux. L'appel au parlement fait gagner au Premier Ministre plusieurs points, du moins dans l'instant, précise-t-elle. Il se pose non plus comme scotché à la N-VA mais comme celui qui la met au pied du mur et la divise". "Le pantin a inversé les rôles", titre le Standaard.

La N-VA à droite toute

Le titre le plus fort vient sans doute du Belang van Limburg qui affirme: "Exit le N-VB". Comprenez "Nieuw Vlaams Belang". "La N-VA a tombé le masque, affirme Christian Carpentier dans Sud Presse. Ce n'est pas Theo Francken qui a le programme du Vlaams Belang comme livre de chevet, c'est toute la N-VA." 

Pour la Libre, Bart de Wever a beau le nier et s'excuser pour la campagne choc publiée hier, "la stratégie était bien réfléchie". La preuve : "le débat sur le pacte s'est déroulé sans problème pendant deux ans. Ce n'est que depuis quelques semaines que la N-VA s'y oppose". Tiens tiens, juste après les élections communales, où la N-VA a senti le souffle du Vlaams Belang la menacer. Pour le Tijd, cette campagne montre que le CD&V, qui avait fait le pari d'être plus à gauche pour exister, s'est trompé : il y avait bien de la place au centre droit, puisque la N-VA s'est retranché tout à droite.   

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