La revue de presse: le communautaire resurgit, la presse rugit

Dans la presse ce matin, le communautaire refait surface. Liesbeth Homans, la Ministre flamande de l'Intérieur qui refuse de nommer 4 bourgmestres de la périphérie bruxelloise, est critiquée par la presse francophone.

"Épargnez nous la politique de l'âge des dinosaures", demande Béatrice Delvaux dans le Soir. L'éditorialiste ne vise pas ici l'âge de Liesbeth Homans, qui n'a que 45 ans, mais plutôt son attitude. "Ne pas nommer les bourgmestres élus en périphérie bruxelloise, c'est comme si on nous refaisait la politique belge d'il y a un siècle", affirme Le Soir. Depuis des mois, des enjeux fondamentaux pour notre société sont abordés : la migration, les inégalités sociales, le pouvoir d'achat, le climat... "Et vous voudriez, s'indigne Le Soir, que l'on s'arrête pour se payer une bonne petite crise d'antan à cause d'une poussée d'urticaire communautaire de la N-VA ? "

La Libre est encore plus virulente. Francis Van De Woestyne distingue deux catégories de politiques : ceux qui veulent donner des droits supplémentaires aux citoyens, et ceux qui veulent créer les problèmes. "Ils cherchent misères, nous dit-il, ils veulent le chaos, ils détestent les compromis. Ce sont des cons promis aux pires destins" renchérit-il. Et pour Francis Van de Woestyne, Liesbeth Homans fait bel et bien partie de cette deuxième catégorie. Liesbeth Homans refuse de nommer les bourgmestres parce qu'ils ont enfreint les circulaires Peeters. Sauf qu'elles ont été réinterprétées par le Conseil d'Etat, mais cela, la ministre flamande n'en a cure. Il y a là-derrière une volonté de campagne forcément, à quelques mois seulement des élections. "C'est petit, minable", dit La Libre. La Libre qui attend: "Un jour une nouvelle génération de politiques flamands décomplexés imposera l'empathie, le respect et l'amitié. Patience". 

La Région Wallonne en Saint-Nicolas qui inquiète

Autre cible pointée par les éditos ce matin, la Région wallonne et ses 10 euros de compensation offerts aux citoyens qui ont reçu leurs allocations familiales en retard. 

Et on s'interroge dans L'Avenir : 10 euros, serait-ce là le prix du silence ? Probablement pas. "Ce n'est pas ce faible montant qui va changer la donne", nous dit l'Avenir. Car "les allocations ne mettent pas du beurre dans les épinards, elles permettent d'acheter ces épinards". Mais voilà, il fallait sauver les meubles après ce couac qui tombe mal, à quelques mois des élections. En temps normal, explique L'Echo, des excuses auraient probablement suffi. Mais en cette période de campagne, la Wallonie veut se montrer généreuse et se la joue Saint-Nicolas. Coût total : 1,2 millions supplémentaires. 

Et ce n'est pas le seul cadeau fait par la Région wallonne ces derniers temps : avant cela, il y a eu notamment la prime pour les étudiants wallons qui doivent louer un kot. Il n'empêche, insiste L'Avenir, ces cadeaux ne doivent pas cacher une réalité inquiétante: d'autres réformes doivent arriver, et la Wallonie "a loupé son premier test grandeur nature", alors que c'était une réforme purement technique, sans changer les montants. Viendront aussi plusieurs grands projets comme l'assurance autonomie. un projet sur lequel L'Echo s'interroge: "Comment ce gouvernement qui se déguise en Saint Nicolas va-t-il manoeuvrer avec ce dossier qui coûtera 36 euros par an à chaque Wallon?" Ou quand Saint Nicolas prend des airs de Père Fouettard.

Grève contre problème de luxe

Enfin, Het Laatste Nieuws défend les grévistes de demain: "Cette fois, ce serait bien trop facile de les rejeter dans l'ombre sous prétexte qu'ils sont fainéants, ou que ce sont des pourris gâtés qui connaissent mieux leurs droits que leurs devoirs". La Belgique est un pays riche, et pourtant une personne sur cinq arrive à peine à mettre quelques sous de côté à la fin du mois pour faire face aux imprévus. "Il y a de grandes chances que de nombreux d'entre nous soient ennuyés par la grève demain", dit Het Laatste Nieuws. Certains auront par exemple leur vol annulé. Ce qui est certes très ennuyant, confesse le quotidien flamand. Mais pour beaucoup de grévistes, plus qu'ennuyant, c'est surtout "un problème de luxe".
 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK