La revue de presse : et à la fin, c'est la Justice qui gagne

La revue de presse : et à la fin, c’est la Justice qui gagne
La revue de presse : et à la fin, c’est la Justice qui gagne - © Tous droits réservés

"Tout est footu... " écrit l'Avenir. Footu, parce que, désormais, dit le quotidien, on s'assied dans le canapé non pas pour regarder un sport, mais bien pour voir ce sport partir en lambeau. Footu, insiste le Nieuwsblad, parce que, avec cette enquête, la Justice a lancé une bombe à fragmentation dans le cœur de chaque supporter. Footu, enfin, Parce que sont visé ici, 2 des 7 arbitres internationaux que compte le pays, et le commentateur insiste : "Sans l'intégrité de l'arbitre, le foot perd sa raison d'être. "

Organisation criminelle et blanchiment d'argent

Pour le Morgen, c'est sans doute la plus grosse affaire de corruption qu'ait jamais connu le football belge. Manière, donc de rappeler que ce n'est pas la première. Manière aussi de dire que les mécanismes mis en place pour tenter d'enrayer la corruption dans le foot font défaut.

La libre rappelle : "On parle d'organisation criminelle. De blanchiment d'argent et de corruption privée. Ce n'est pas rien. Le Parquet fédéral évoque des transactions financières suspectes, mises en place par des agents de joueurs. Dissimulant aux autorités des commissions occultes. Autant sur les transferts que sur les salaires. " Ajoutez à cela " les soupçons d'influence - bref de trucage - de match. " Et la coupe est pleine.

Et après la bombe ?

Il y a, c'est une première étape, cette prise de conscience dans la presse. Ou, plutôt, la proclamation sur la place public de ce que certains semblaient déjà établi comme une évidence : " Le monde du foot s'est transformé en une jungle " (comme l'écrit le Standaard) Ou, plus simplement dit, " Le football belge est pourri. " ( titre de la Gazet Van Antwerpen.)

Qu'il y ait de plus en plus d'argent (et d'argent noir) dans le foot, c'est connu. Cela s'accompagne forcement de fraudes, de carrousels et de blanchiments des fonds. " Le Standaard plaide donc pour la rédaction d'un code éthique, à l'intention des arbitres. Surtout, dit-il, il faut des règles pratiques. Exemple, Aux Pays-Bas, le ministère public exige des joueurs, des clubs et des arbitres qu'ils se signalent dès qu'ils sont approchés pour influencer un score.

En disant leur colère, certains commentateurs reconnaissent aussi leur désarroi. C'est le cas de l'Echo pour qui " la lutte contre ce fléau devrait être l'honneur d'une démocratique. "  Sans aller aussi loin dans le lyrisme, le Soir s’interroge : " Comment tarir la source de ce mal ? Des Football Leaks, jusqu'aux comptes de la Fifa, le milieu du foot reste opaque, non régulé et vu les montants, propice à tous les excès. "

Un séisme puis un sursaut

Pour le Morgen, s'attaquer au sport le plus populaire du pays n'est sans doute pas le plus simple pour le législateur mais il est temps, juge le quotidien, de faire preuve de courage. " Le séisme, estime la Libre, pourrait s'avérer salutaire. Pas tellement parce qu'au lendemain de l'enquête, il n'existera plus de tricheur, mais bien parce que désormais le public, spectateur naïf, est aujourd’hui prévenu : il ferme les yeux sur des dérives insupportables. "

Le match était beau. Désormais, vous savez qu'il était truqué.

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