La revue de presse : des nominations qui divisent

Dans la presse ce jeudi matin, les éditorialistes reviennent sur les nominations aux postes clés de l’Union européenne. Avec de claires différences d’opinions, notamment entre la France et la Belgique.

Rien qu’à voir les titres du Monde d’un côté, du Standaard et du Soir de l’autre, ça saute aux yeux. D’un côté, le quotidien français souligne le "compromis franco-allemand". Pour le Standaard, c’est plutôt le "triomphe d’Emmanuel Macron". Le Soir y voit une humiliation pour Angela Merkel, une "victoire impériale" pour le président français. Emmanuel Macron a réussi à défier son homologue allemande en refusant Manfred Weber. Une fois dans l’impasse, il l’a sauvée en offrant tel un beau prince Ursula Von der Leyen.

"Un exercice d’atomisation", c’est la formule utilisée par Le Soir pour qualifier les manœuvres du président Macron dans les négociations, et notamment pour le cas Von der Leyen. "Une simple preuve d’habileté" pour Le Monde. Car il est vrai, le président français a été habile : il a désormais "une Française, Christine Lagarde, à la BCE, et un proche au Conseil", en la personne de Charles Michel. Si, chez nous, Charles Michel est une figure qui polarise, les Européens en ont une tout autre vision : le président du MR est un "bâtisseur de compromis", se réjouit Le Monde.

La Gazet Van Antwerpen insiste d’ailleurs sur cette image de notre Premier ministre à l’étranger. "Il mérite au moins des félicitations", titre le quotidien régional, qui tire à boulets rouges sur les partis wallons qui n’ont pas adressé de félicitations à Charles Michel. "Ça ne dit rien qui vaille pour l’avenir du pays", estime la Gazet van Antwerpen… C’est la deuxième fois que la Belgique livre le Président du Conseil. "Les autres voient en notre pays un fournisseur de personnalités rassembleuses. Celui qui a réussi à faire tenir un gouvernement compliqué pendant quatre ans doit forcément être la bonne personne", croit-on dans les journaux européens, relayé par le quotidien anversois.

Du côté du Laatste Nieuws, c’est Ursula Von der Leyen qu’on défend. Pour le quotidien flamand, c’est ni plus ni moins qu’une "topvrouw". Ça tombe bien, pour un topjob. "Être sous-estimée sera bientôt son atout, affirme le Laatste Nieuws : "Elle ne pourra que nous étonner". Et elle a une chose que son prédécesseur n’avait pas, selon le Laatste Nieuws : "Du style".

En revanche, la nomination d’une femme est fortement applaudie. Notamment dans Le Monde : "L’accord consacre l’attachement aux valeurs d’égalité des sexes", salue le quotidien. Deux femmes sur quatre topjobs, la parité est là.

Reste un équilibre qui n’a pas été respecté : l’Est n’a reçu aucun poste important. "La fête est ouest-européenne", titre le Morgen. Le Standaard se demande pourquoi les pays d’Europe Centrale et d’Europe de l’Est ne protestent pas. Que se cache-t-il là derrière ? Pour Le Monde, cette répartition n’est pas un point négatif mais positif : "on n’a pas cherché l’équilibre géographique à tout prix, au détriment des compétences". Le Morgen n’est pas convaincu : certes, les pays de Visegrad ont obtenu le scalp de Frans Timmermans, candidat à la Commission. "Mais ces nominations qui penchent à l’Ouest donnent l’image d’une vieille Europe occidentale qui décide seule, et pour elle-même. Un argument qui pourrait être utilisé par Orban et consorts si une décision polémique devait être prise".

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