La protection des données personnelles est au centre de la Semaine numérique

La Semaine numérique propose du 22 octobre au 2 novembre 2018 des centaines d'activités en Wallonie et à Bruxelles. Cette année, le thème principal est la maîtrise des données privées. Interrogé sur La Première, Paul de Theux, directeur de Média Animation, explique pourquoi cette maîtrise est un très gros enjeu : "Cela fait beaucoup de bruit actuellement, il suffit de penser à des choses de la vie quotidienne. Si toutes les questions qui sont liées à la santé sont accessibles à des employeurs ou à des assurances, si celles relatives aux opinions politiques sont accessibles à des pouvoirs forts ou si l'on circule à travers le monde, ce sont des données qui peuvent poser problème pour les utilisateurs des réseaux sociaux".

Selon lui, pour l'utilisateur belge, il n'y a pas de grands risques dans l’immédiat, "mais on voit très bien que le risque est potentiel, et c’est donc important que les utilisateurs soient sensibilisés et qu’ils agissent pour empêcher que ça prenne une ampleur et que ça devienne véritablement problématique. On ne peut pas laisser les grands acteurs faire ce qu’ils veulent. Une évolution se fait, mais ce n’est que sous la pression des utilisateurs que cette évolution va se poursuivre".

Paul de Theux ne constate malheureusement pas de prise de conscience du public ces derniers mois : "Selon une enquête réalisée par Test-Achats a fait, toute une série d’utilisateurs ont à peine ou pas du tout répondu aux mails qui ont été envoyés dans le cadre des RGPD. Donc, il y a vraiment encore beaucoup de progrès à faire et c’est pourquoi justement on organise une série d’ateliers dans le cadre de la semaine numérique sur ce thème-là".

Une longueur d'avance

Dans les écoles, les élèves sont progressivement éduqués à l’utilisation du web, selon lui "mais il faut être conscient que ce sont des matières très complexes qui sont évolutives, qui bougent tout le temps, donc pour les enseignants ce n’est pas facile non plus de suivre toutes ces questions-là. Les enseignants sont formés de façon limitée, ce n’est pas intensif. Et comme le Conseil de l’éducation aux médias, qui se charge de ces questions, l’a fait remarquer, il y a actuellement un budget très limité alors qu’il y a toutes ces questions, non seulement des données privées, mais aussi des fake news, etc. qui sont des grands enjeux. Il y a donc beaucoup trop peu de choses encore actuellement".

Dans ce domaine, les GAFA, les grands du web, "auront toujours une longueur d’avance sur les pouvoirs publics, parce que pour que les gouvernements agissent, cela nécessite de mettre toute une procédure en place, qui doit souvent être organisée au niveau international. Donc, ce sera toujours une action de retard et c’est justement là que les citoyens doivent pouvoir alerter, agir, se faire entendre pour justement être les aiguilleurs de cette problématique" poursuit Paul de Theux.

La semaine numérique s’appelait à l'origine la fête de l’Internet, c'était "un peu sur l’inspiration de la Fête de la musique. C’était une nouveauté qui promettait des potentialités formidables. Maintenant on est dans le réel, et notamment tous les enjeux économiques nous ont rattrapés. C’est là vraiment qu’il faut qu’on soit attentif".

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