La mort annoncée d'Internet Explorer va-t-elle relancer la guerre des navigateurs ?

La mort annoncée d’Internet Explorer va-t-elle relancer la guerre des navigateurs ?
La mort annoncée d’Internet Explorer va-t-elle relancer la guerre des navigateurs ? - © Tous droits réservés

Microsoft a décidé d’arrêter le développement de son navigateur Internet Explorer. Cela va-t-il pour autant relancer la guerre des navigateurs ?

Depuis quelques jours, Microsoft recommande de ne plus utiliser son « browser » historique. L’éditeur conseille tout simplement d’abandonner définitivement Internet explorer devenu trop vieux. Qui l’aurait cru il y a seulement dix ans?

Internet explorer (IE comme on l’appelle souvent) a été, depuis le milieu des années 90, un phénomène monopolistique. En 2003, il détenait 95% du marché. La situation était si grave que la Commission européenne avait instauré un « ballot screen » (une fenêtre qui imposait au consommateur qui installait Windows sur sa machine de choisir parmi plusieurs navigateurs). Toute cette puissance est aujourd’hui réduite à néant.

Pourquoi ce suicide logiciel ?

Internet explorer est victime -comme les systèmes d’exploitation- du phénomène d’obsolescence technique. En vieillissant, internet Explorer est devenu… dangereux.
C’est Chris Jackson, un expert en sécurité de Microsoft, qui a publié ce certificat de décès. Dépassé sur le plan technologique, Internet explorer n’est plus mis à jour. Pour un logiciel, c’est comme déconnecter un malade en stade terminal. Les failles ne seront plus corrigées et le navigateur sera sensible à toutes les attaques.

Microsoft avait d’ailleurs anticipé cette mise à mort en lançant en 2015, son remplaçant (Edge), un navigateur intégré dans Windows 10 et, depuis, disponible également sur iOS et Android. Avec donc une présence aussi bien sur les PC que sur les mobiles.

Une lourde dette informatique

Malgré son âge, (ou peut-être par la force de l’habitude), les internautes continuent à utiliser Internet Explorer par millions. Or, il existe un danger à utiliser Internet Explorer.

Le problème porte le nom de « dette informatique ». Internet explorer ne peut plus à la fois supporter toutes les anciennes applications (développées depuis des années) et les futures applications qui reposeront sur de nouvelles technologies. Dès lors, les informaticiens développent maintenant leurs applications pour les navigateurs modernes. Et plus pour Internet explorer. Un peu comme si Internet Explorer, était devenu une usine à gaz que plus personne ne veut maintenir.

Un mauvais moment à passer pour Microsoft

La chute des ventes de PC (qui est maintenant stabilisée) a réduit l’emprise de Windows sur le marché IT. Il y a peu, l’éditeur avait déjà dû abandonner sa version Windows mobile pour smartphone. Et comme si cela ne suffisait pas, Microsoft commence à jouer profil bas avec son assistant intelligent Cortana, dépassé par Google et Amazon. On est loin de la superbe des années 2005.

Mais alors, vers qui se tourner pour remplacer Internet explorer

Pour le savoir, il suffit de consulter les chiffres de StatCounter qui tient des statistiques mondiales de l’usage des navigateurs.

Sur le marché des ordinateurs -en 4 ans- Chrome, le navigateur de Google est passé, au niveau mondial de 52 à 70%. Dans le même temps, Internet explorer a chuté de près de 20% à moins de 6%. Firefox, à la peine, descend sous les 10% et Safari (de Apple) plafonne logiquement à 5%. Opera, avec ses 2,3%, est en train de disparaître des radars

C’est donc clair, Google est d’autant mieux placé aujourd’hui que dans l’univers mobile, son système Android occupe 85% des smartphones. L’argent nécessaire au développement de Chrome est donc largement assuré.

Et Microsoft dans tout ça ? Sa version Edge, lancée il y a 4 ans, arrive peut-être trop tard. Sa part de marché est de 5%…. Et ce qui est « piquant », c’est que depuis décembre, Edge repose sur Chromium, Le moteur de Chrome.

Ce qui nous rappelle que le Capitole n’est guère éloigné de la roche tarpéienne. De la gloire à la chute, la distance est très courte.

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