La montre connectée réussit-elle là où les Glass échouent?

On n’a donc pas fini de parler des "mettables" même s’il faudrait rapidement leur trouver un plus joli nom.
On n’a donc pas fini de parler des "mettables" même s’il faudrait rapidement leur trouver un plus joli nom. - © LEON NEAL - BELGAIMAGE

Selon plusieurs études (Mddionline), le marché des "wearables" -ces objets que l’on passe au poignet- passera de 1,4 milliard de dollars à 19 milliards dans 5 ans. Le nombre de wearables technologiques a presque triplé entre 2011 et 2013. En unités cela signifie que l’an dernier, il s’est vendu 8,3 millions de bracelets connectés.

D’après le cabinet Canalys, il devrait s’en vendre 17 millions en 2014, 23 millions en 2015 et plus de 45 millions en 2017. Voilà qui rappelle le phénomène des tablettes il y a près de 5 ans, alors que les lunettes connectées peinent, elles, à trouver leur voie. Un autre signe de cet engouement est le nombre de tweets qui évoquent la mention "wearable tech": 65 000 en un mois.

Ce qui fait la différence avec les lunettes…

Contrairement aux lunettes, le bracelet a trouvé sa "killing application", l’usage qui va réellement lancer le produit. Et cette application c’est le traqueur d’activités. Il va du podomètre de calcul des pas effectués durant une journée jusqu'au rythme cardiaque en passant –bientôt- par le calcul de glycémie, le nombre de calories brulées et la pression artérielle. Ces applications figurent déjà (un peu) sur les smartphones, mais le bracelet est bien mieux adapté à ce genre de données. Un chiffre dit tout: 82% de ceux qui ont déjà acheté un wearable ("mettable" en français) pensent que cela va améliorer leur santé. En France, 64% des objets connectés sont des objets de santé connectée a déclaré Hélène Martinon, des laboratoires Juva Santé (Mercurochrome), au média LSA.

Principal obstacle : la comptabilité entre les marques

Pour certains, cela reste un gadget, un accessoire superflu relié au smartphone, qui coûte cher (100 à 300 euros) et qui se limite à vous prévenir d’un appel téléphonique ou de l’arrivée d’une notification de Facebook ou Tweeter. C’est aussi un appareil supplémentaire qu’il faut recharger tous les jours. Et enfin, c’est une montre imposante et plutôt laide.

Mais ces arguments négatifs s’estompent rapidement. D’abord au niveau de l’esthétique. Les modèles actuels sont encombrants mais Apple va sortir deux versions de sa Watch, dont un petit modèle plus féminin. Un autre exemple de la Moto (rola) 360, aussi ronde qu’une montre traditionnelle pour un diamètre acceptable (4cm). Il y a la plus stylée Mica de technologie Intel qui embarque sa propre carte SIM, la Watch R de LG ou la Zenwatch d’Asus… On pourrait continuer avec Sony, les nouveaux bracelets connectés Fitbit et –bien sûr- les éternels chinois Lenovo et Huawei. En décembre, les montres connectées seront partout.

Mais il reste un véritable obstacle qu’il faut encore lever: la grande incompatibilité qui existe entre les smartphones et les montres. Il faut souvent acheter la toquante hightech qui peut être reconnue par votre téléphone. Et ça, il faudra vraiment que cela change rapidement.

L’avenir de la montre connectée

Demain, le "mettable" servira à tout sauf à donner l’heure. Car si il a l’aspect d’une montre et se porte comme une montre, ce n’est pas une montre.

En revanche, c‘est déjà un système d’auto-mesure. Des chercheurs de l’université de Cincinnati ont mis au point un capteur d’analyse de la transpiration. Ce minuscule capteur permettra de contrôler nos paramètres vitaux sans passer par la case prise de sang. Ce sera aussi un avertisseur de déshydratation pour les sportifs qui pourront ainsi anticiper un futur malaise. Sa commercialisation est prévue en 2015.

Rapidement, ce bracelet sera enfin un moyen de paiement rapide en technologie sans contact et un badge de sécurité pour accéder à son ordinateur, son domicile, sa voiture ou son bureau.

Lors de sa sortie tout le monde pensait que la tablette ne servirait à rien ou serait un accessoire du PC. Aujourd’hui elle est en train de tuer l’ordinateur. Il pourrait en être de même des "mettables"

Tous les wearables ne sont pas identiques

Comme pour les PC ou les tablettes, il existe plusieurs formats de montres connectées. On distingue les bracelets autonomes disposant de leur propre carte SIM et de leur propre mémoire qui en font de vrais " micro-ordinateurs ". Et ensuite les simples périphériques de poignet reliés via Bluetooth à un smartphone. D’où la différence de prix qui peut aller du simple au triple. Mais on en trouvera rapidement pour moins de 50 euros.

Il y aura aussi bientôt –au moins- deux univers. Le premier sera celui d’Android Wear, un OS de poignet créé par Google en mars dernier. Ce système d’exploitation fonctionne par notification pour afficher les SMS, mail, etc. Il permet également les recherches vocales et l’affichage de la météo.

Viendra ensuite le monde Apple iOS de la prochaine Watch attendue pour le début 2015. Les deux géants ont déjà une application de gestion du sport et de la santé: Health et Healthkit pour Apple; "Fit" pour Google. Et il devrait enfin apparaître un univers Windows puisque Microsoft mise largement sur sa gamme de téléphone rachetée à Nokia.

On n’a donc pas fini de parler des "mettables" même s’il faudrait rapidement leur trouver un plus joli nom.

Jean-Claude Verset

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