L'usage de la messagerie vocale est-il en perte de vitesse?

Une tendance confirmée chez Base, pas chez Proximus.
Une tendance confirmée chez Base, pas chez Proximus. - © BRUNO FAHY - BELGA

"Moi, je n'écoute même plus ma messagerie vocale!" Ce constat, des Belges l'expriment. Car ils semblent nombreux celles et ceux qui, parmi les abonnés des trois grands opérateurs GSM du pays (Proximus, Mobistar, Base), boudent leur messagerie. Du coup, ces messages s'entassent jusqu'à ce que la boîte soit pleine. Un désamour qui s'expliquerait par la profusion de possibilités de correspondance. 

La messagerie vocale tuée par les SMS, Whatsapp et les autres

Explications. Vous tentez de joindre un ami par téléphone. C'est urgent mais il ne répond pas après un, deux, trois voire dix appels. Auparavant, vous auriez laissé un message vocal. Aujourd'hui, vous économisez votre salive et lui envoyez un SMS, puisque votre formule tarifaire vous en offre des centaines gratuits. Toujours pas réponse? Vous enchaînez avec un message Whatsapp. Toujours rien? Vous basculez sur Viber, Messenger (Facebook), vous lui envoyez un mail sur sa boîte privée et un autre sur sa boîte professionnelle... Tango et Skype renoueront-ils peut-être le contact? Et bien non! Bref, vous avez épuisé tous les recours que vous offre la technologie du 21e siècle jusqu'à ce qu'il vous rappelle.

On l'a dit: vous n'avez pas laissé de messages. Et de toute façon, en face, le correspondant n'aurait certainement pas écouté les messages que vous auriez pu lui laisser. Les passer en revue et nettoyer sa boîte, ça le fatigue. Car il sait pertinemment bien que qui veut le joindre dispose d'une multitude de canaux.

Proximus ne confirme pas

Pourtant, les données que nous communique Proximus ne confirment pas vraiment le phénomène du délaissement massif de la messagerie vocale. Chez Proximus, entre février et juin de cette année, "si on constate une hausse de 11% du nombre d'appels arrivant sur les messageries vocales, on remarque dans le même temps, une hausse de 9% du nombre d'appels des abonnés Proximus vers le 1230, la messagerie vocale accessible gratuitement, pour écouter ses messages", indique Haroun Fenaux, porte-parole. Des tendances en lien avec le nombre d'abonnés mobiles actuels: 5,8 millions. "Il est clair que parmi un certain type de clientèle, celle qui reçoit et passe énormément d'appels et est hyper connectée, on peut constater une faible utilisation de la messagerie vocale. Mais globalement, cela n'est pas confirmé par les chiffres."

Base perçoit une tendance

Chez Base, dont le public, plutôt jeune, est friand de facilités technologiques, l'analyse amène des conclusions inverses. "En septembre 2014, nous avons comptabilisé 9,6 millions de messages enregistrés. En septembre 2015, nous en sommes à 8,5 millions", détaille François Bailly, porte-parole de Base (3,2 millions de clients pré et postpaid). "Dans le même temps, en janvier 2014, nous avions 9,2 millions de messages écoutés et 8,1 millions en janvier 2015.

Pour François Bailly, une question mérite d'être posée: "Est-ce l’effet des nouvelles applications type Whatsapp et Facebook? On constate en tous les cas une véritable explosion de l’usage de l’internet mobile depuis un an chez Base. L’utilisateur postpaid consomme aujourd’hui – en moyenne – 500 megabytes d’internet mobile par mois sur notre réseau. C’est 80% de plus qu’il y a un an (285 megabytes). Cette consommation moyenne monte jusqu’à 950 mégabytes (en septembre) lorsqu’on ne prend en compte que les abonnés qui se connectent effectivement à la 3G/4G, qui utilisent effectivement leurs smartphones pour surfer sur la toile."

Mais la chute du nombre de messages écoutés s'explique aussi certainement chez Base par l'utilisation de Visual Voicemail au détriment du 1933, le numéro d'appel de la messagerie vocale. Voicemail, est l'application (iOs et Android) qui permet d'écouter ses messages à la manière d'un podcast. "La tendance semble se renforcer fortement ces derniers mois. Est-ce parce que nos clients utilisent de manière exponentielle Visual Voicemail ou est-ce qu’ils n’écoutent plus leurs messages? Difficile à dire. L’effet – vu les écarts – est probablement double."

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