La Maison Blanche publie une compilation d'images violentes de jeux vidéo, sans explication

Face aux fusillades, l'argument du jeu vidéo violent n'est pas mort, loin de là.

Ce jeudi, Donald Trump convoquait l’Entertainment Software Association (ESA) rapporte Le Monde, principal lobby représentant les intérêts de l’industrie du jeu vidéo aux États-Unis suite à la tuerie du Lycée de Parkland en Floride le 14 février. L'objectif est clair : établir un lien entre les tueries de masses et la violence dans les jeux vidéo.

Plusieurs défenseurs de la théorie du jeu vidéo à l'origine des tueries étaient présents autour, dont Dave Grossman, auteur d'un essai mettant le jeu vidéo en cause, ou encore des représentants d'associations familiales conservatrices.

Sans autre forme de procès

Au cours de cette entrevue, le président américain a publié une compilation d'images extraites de jeux vidéo où l’ultra-violence est de mise (décapitations, fusillade, etc.). Le hic, c'est que cette vidéo - sobrement intitulée "Violence in Video Games" - est totalement dénuée de contexte, l'exercice pourrait s'appliquer au cinéma hollywoodien ou même à la lecture.

"Le président a relevé que certaines études indiquent qu’il existe une corrélation entre violence des jeux vidéo et violence réelle", précise un communiqué de la Maison Blanche. "La conversation s’est centrée sur la question de savoir si les jeux vidéo violents, dont ceux qui simulent graphiquement le fait de tuer, désensibilisent notre communauté à la violence."

Dans le combat qui oppose indirectement le lobby des armes au lobby du jeu vidéo, le président américain semble avoir choisi son camp.

Diabolisation du jeu vidéo

Toutes les images compilées sont extraites de jeux classés "M" pour "mature", l'équivalent du "18 ans et plus" en Europe, destinés à un public adulte, mais dont la vente est libre aux États-Unis.

La diabolisation du jeu vidéo ne date pas d'hier, l'argument était déjà utilisé après la tuerie de Columbine où deux assaillants avaient ouvert le feu dans une école en 1999, faisant 13 morts. Les représentants de l'industrie du jeu vidéo avaient alors déjà été convoqués par Washington.

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