La famille royale britannique n'est "pas raciste", assure le prince William

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Image d'archive - © PAUL GROVER - AFP

Le prince William a défendu jeudi la famille royale britannique contre les accusations de racisme portées par son frère Harry et sa femme Meghan à la télévision américaine, qui ont plongé la monarchie dans une crise profonde.

"Nous ne sommes pas du tout une famille raciste" a déclaré le duc de Cambridge, deuxième dans l’ordre de succession du trône, lors de la visite d’une école de l’est de Londres.

Il a précisé qu’il n’avait pas parlé à son frère depuis la diffusion de l’interview explosive dimanche, mais qu’il comptait le faire.

Interrogés par la star Oprah Winfrey, Harry et Meghan se sont expliqués sur leur éloignement de la famille royale et leur exil en Californie.

L’ex-actrice métisse de 39 ans et son époux de 36 ans, sixième dans l’ordre de succession du trône, ont avancé une pression médiatique intenable, le racisme et l’absence de soutien de la famille royale pour justifier leur retrait de la monarchie.

Surtout, laissant Oprah Winfrey bouche bée, Harry et Meghan ont rapporté des conversations de la part d’un membre non nommé de la famille royale sur la couleur de peau qu’aurait leur fils Archie, aujourd’hui âgé de 22 mois, avant sa naissance.

Ces accusations ont entraîné des spéculations sur l’auteur de ces déclarations et ont relancé un débat vif au Royaume-Uni, alimenté par les manifestations Black Lives Matter l’an dernier.

Traité "en privé"

Le prince William est le premier membre de la famille à s’exprimer en public sur le sujet.

Interrogé sur l’interview lors d’une visite à un centre de vaccination mardi, le prince Charles a préféré garder le silence, répondant par un petit rire nerveux.

Amenée à réparer les pots cassés, la reine Elizabeth II avait réagi mardi soir via un communiqué du palais de Buckingham, se disant "attristée d’apprendre à quel point ces dernières années ont été difficiles" pour le couple.

La reine a affirmé prendre "très au sérieux" les accusations de racisme lancées par Meghan, et Harry. Mais elle s’est engagée à les traiter "en privé" et a souligné que les "souvenirs peuvent varier", semblant montrer qu’elle ne prend pas ces déclarations pour argent comptant.

Dans des confessions explosives vues par 17 millions d’Américains puis 11 millions de téléspectateurs au Royaume-Uni, le duc de Sussex, sixième dans l’ordre de succession du trône, s’est dit éloigné de son père Charles et de son frère William, décrits comme prisonniers de la monarchie.

Ces confidences ont ébranlé la monarchie britannique, confrontée à sa pire crise depuis la mort de Lady Diana en 1997.

L’interview a aussi divisé les Britanniques, les plus jeunes montrant un fort soutien aux trentenaires partis en Californie, et relancé le débat sur le racisme.

Le prince Harry a accusé de "sectarisme" la presse, en particulier les tabloïds, ce qui a provoqué une levée de boucliers de la Society of Editors qui représente les journalistes.

Son directeur exécutif a démissionné après avoir assuré que la presse n’était ni sectaire ni raciste, provoquant des flots de témoignages inverses sur les réseaux sociaux, de journalistes ayant vu ce sectarisme à l’œuvre et soulignant le manque de diversité raciale dans les médias.

Le Premier ministre Boris Johnson refuse de s’impliquer, sauf pour saluer le "rôle unificateur" d’Elizabeth II qui règne sur le Royaume-Uni et le Commonwealth, association de 54 pays héritée de l’empire colonial britannique dont la plupart des 2,4 milliards d’habitants ne sont pas blancs.

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