La diversité de genre dans les médias, "il y a encore beaucoup d'efforts à faire"

Safia Kessas est, entre autres, responsable de la diversité et de l’égalité au sein de la RTBF et a souhaité amener ce sujet dans l’émission Débats Première de Bertrand Henne.

Pour débattre de ce sujet de la présence des femmes dans les médias, Safia Kessas, journaliste à la RTBF, et Gabriel Ringlet, prêtre, écrivain et théologien débattent du sujet dans Débats Première avec Bertrand Henne.

La question de l’inégalité de la présence des hommes et des femmes aujourd’hui sur les contenus proposés par les médias est fondamentale selon Safia Kessas. " Il y a encore beaucoup d’efforts à faire en mettant une vraie stratégie en place pour y accéder tout en permettant aux journalistes et aux responsables de contenus de conserver leur liberté éditoriale et ne pas aller vers une stratégie de quota "

La stratégie de la RTBF n’est pas de répondre à des quotas

"Les problèmes des quotas sont avant tout un problème de société et non de genre ou de catégorie " avance Safia Kessas. " C’est un problème qui doit intéresser tout le monde parce que c’est un problème de démocratie. Que chacun ait sa place sur le service publique ou dans d’autres médias, c’est fondamental"

"A la RTBF, on propose de la diversité inclusive c’est-à-dire donner la parole à tous et à toutes sans ramener systématiquement ses personnes à leurs différences." Safia Kessas cite alors l’exemple de l’interview sur la contraception ou l’éducation où les intervenants ne seraient que des femmes. "Le fait de continuer à voir l’individu dans des catégories, je pense que ça n’est pas la solution"

Safia Kessas nuance ensuite ses propos en rappelant certaines contraintes économiques : "il faut aussi se dire qu’on n’a pas toujours le loisir de chercher la personne idéale. Il y a aussi des contraintes économiques qui font qu’’aujourd’hui on doit livrer des contenus sur tous les supports et que c’est compliqué. Il faut aussi le prendre en considération. Il y a de l’ouverture mais ensuite vient la réalité du terrain."

Il ne faut pas, non plus, de quota ou de diversité artificielle pour Gabriel : "c’est une question fondamentale qui commence par l’enseignement. Il y a un travail à faire dès la plus tendre enfance et chacun sur ce terrain peut mener des combats originaux. Dans mon domaine de la théologie, je me suis toujours battu pour qu’il y ait plus de femmes mais pas pour des raisons de quotas. Je ne demande pas qu’il y ait demain 50 hommes et 50 femmes dans une faculté de théologie. Je demande qu’il y ait une diversité de genre pour qu’on revisite les textes fondamentaux par des regards et des approches beaucoup plus diversifiées. Quand les femmes abordent ces textes et s’en emparent, le langage lui-même change et nous apporte une plus grande richesse philosophique."

Diversité manquée ou diversité manquante ?

Safia Kessas fait la distinction entre les deux : "parfois, la diversité n’existe pas dans la société donc on ne va pas la construire de façon artificielle. A l’opposé, parfois on passe vraiment à côté. Je pense qu’aujourd’hui, il faut faire ce métier en pleine conscience et se dire qu’on n’a jamais été aussi regarder dans ce que l’on fait qu’aujourd’hui. Les gens sont extrêmement attentifs et la société civile nous regarde tous les jours et attend beaucoup de choses de nous. Il faut réaliser l’image que l’on renvoie. Il faut diversifier les sources et penser autrement notre métier. La question est, sur quoi doit-on investir aujourd’hui ?"

▼▼ Retrouvez l’intégralité de la séquence ▼▼

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