La direction du Bozar licencie le directeur du pôle musique, Ulrich Hauschild

Le comité de direction du Bozar licencie le directeur du pôle musique Ulrich Hauschild. Ce haut-lieu culturel est lui aussi victime de la crise du coronavirus, selon la direction. Les syndicats, eux, parlent d’un "règlement de compte".

"Le Comité de Direction de BOZAR, en concertation avec le Conseil d’Administration, a décidé de mettre fin au contrat de M. Ulrich Hauschild, directeur de BOZAR MUSIC, à fin décembre 2020. Les difficultés financières du Palais des Beaux-Arts suite à la crise Corona nous obligent à prendre cette décision difficile. Ulrich Hauschild a eu une influence décisive sur le profil musical de Bozar au cours des huit dernières années. Nous le remercions pour ses efforts incessants et lui souhaitons tout le succès possible pour son avenir professionnel", peut-on lire dans un communiqué envoyé ce vendredi par le Bozar.

Des acteurs du monde culturel s’inquiètent de l’avenir de la musique puisque la raison invoquée c’est la crise financière liée au coronavirus. Pascale Vallois, représentante permanente CGSP au Bozar, explique que les travailleurs du Bozar soutiennent leur directeur musique. Selon elle, il s’agirait plutôt d’un règlement de compte : "Il refusait de se plier au diktat du CEO et toute ingérence dans ses projets."

Avant d’ajouter : "Ça paraît plus qu’absurde de licencier les directeurs des pôles les plus importants de Bozar sous prétexte covid, car l’activité doit reprendre à un moment ou un autre. Sans directeur musique, c’est très problématique."

C’est un tortionnaire

Ce licenciement a mis le feu aux poudres d’une situation qui durerait depuis des années et la personne en ligne de mire des syndicats n’est autre que le directeur général Paul Dujardin. Pascale Vallois le compare au rôle de Pierre Richard dans le film "Le Jouet": "un enfant tyrannique et caractériel qui impose sa volonté à n’importe qui à tout moment". Selon elle, "tout le monde est à bout de force. C’est un tortionnaire, un visionnaire tortionnaire." Un directeur qui est en place depuis 2002. "Il espère avoir un quatrième mandat mais la demande du personnel et des syndicats est qu’il ne l’ait pas et qu’il soit écarté de la ligne hiérarchique à Bozar."

Pour les syndicats, à cause de lui, "il y a des démissions, beaucoup de burn-out, des suicides aussi, des crises cardiaques. Le personnel pour nous est en danger et ne pas agir serait de la non-assistance à personne en danger. Tout cela est lié à la désorganisation induite par le comportement de M. Dujardin que tout le monde essaye de canaliser sans réussir ou très temporairement."

Réplique du directeur général Paul Dujardin

L’intéressé réplique que la cause du licenciement d’Ulrich Hauschild est purement budgétaire : "Les aides publiques ne couvrent que la moitié du personnel et partiellement notre aide au personnel." "Avec le confinement, les recettes ne rentraient plus, on a eu un manque de recette de 6-7 millions d'euros."

Le CEO de Bozar est par ailleurs fier de ne pas avoir appliqué de chômage économique alors que "c’était la norme dans la plupart des institutions en Belgique." Et se veut rassurant en déclarant que "non, l’équipe musique n’est pas en danger. Elle est toujours là. Nous avons diminué d’un collaborateur, mais il y a des responsables dans toutes les disciplines."

Aujourd'hui, Paul Dujardin affirme que le bilan social de Bozar est très bon et s'estime victime d'acharnement de la part des syndicats. 

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