La cybersécurité, enjeu central du CES, le plus grand salon high-tech du monde

Les objets connectés en tout genre défilent chaque année au CES de Las Vegas.
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Les objets connectés en tout genre défilent chaque année au CES de Las Vegas. - © Ethan Miller - AFP

Le salon de l'électronique CES (Consumer Electronics Show) ouvre ses portes ce mardi à Las Vegas. Si l'on parlait autrefois de magnétoscopes ou de caméscopes numériques, c'est de voiture autonome et d'objets connectés qu'il est aujourd'hui question. Un enjeu demeure toutefois central, celui de la sécurité et de la protection des données.

Cafetière, pommeau de douche ou encore planche de bois... les circuits imprimés colonisent progressivement des objets de la vie quotidienne. Mais la question de la sécurité revient régulièrement à la surface. La société de domotique liégeoise Domestia fait partie des entreprises présentes cette semaine à Las Vegas. Xavier Thonon, développeur, reconnaît parler de sécurité de plus en plus souvent : "On ne s'en inquiétait pas avant car nos installations fonctionnaient sans connexion à internet. Mais à partir du moment où l'on se connecte, il y a un risque et on y réfléchit", concède-t-il.

Le consommateur est responsable

Les clients de la plateforme de Domestia contrôlent leur maison à l'aide d'un nom d'utilisateur et d'un mot de passe. En cas de boîte mail piratée, une personne mal intentionnée serait en mesure de réinitialiser cet accès très facilement. L'actualité de cette année nous a montré que cela n'était pas impossible.

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Pour Xavier Thonon, il en revient au consommateur de se montrer vigilant, particulièrement pour certains dispositifs : "Le préjudice est très faible dans le cas d'un volet électrique ou d'une ampoule qu'on ne peut qu'allumer ou éteindre, mais c'est plus compliqué s'il s'agit d'une porte de garage ou d'une serrure connectée. On informe toujours nos clients du risque potentiel, et on leur recommande d'utiliser un système d'alarme ou une caméra de surveillance par exemple." Encore faut-il que cette caméra ne soit pas elle-même connectée à ce que l'on appelle "l'internet des objets".

Question d'éducation

Benoît Fosty est le directeur du secrétariat général du Centre d'Informatique pour la Région Bruxelloise (CIRB). Il s'occupe notamment du réseau de caméras de surveillance installé sur tout le territoire régional. "Nous fonctionnons dans un environnement professionnel. Les images des caméras de la Région bruxelloise transitent par fibre optique, et certainement pas par internet", rassure-t-il.

S'il est donc impossible qu'un hacker ne dérobe les images du réseau de caméras publiques depuis l'autre bout du globe, ce n'est pas forcément le cas pour la caméra connectée de madame et monsieur Tout-le-monde : "Internet représente un risque potentiel. Personne n'envisagerait d'utiliser un PC sans antivirus de nos jours, et je pense qu'il faut le même niveau de prise de conscience pour les objets connectés. Mais l'éducation numérique doit aller dans les deux sens. Les entreprises qui développent ce genre d'appareils doivent aussi permettre à leurs clients de prendre le moins de risques possibles".

Voiture autonome

Depuis plusieurs années, la voiture autonome s'est fait une place au sein de la grand-messe de la tech. Mais là aussi, la sûreté du dispositif pose question. Sur ce point, le porte-parole de l'institut Vias, Benoit Godart, tient à calmer les esprits : "On parle beaucoup des véhicules autonomes comme quelque chose de négatif, alors que c'est un système qui a pour but de tendre vers un chiffre de zéro tué sur nos routes. Les avions aussi sont partiellement automatisés, ils ne font pourtant jamais l'objet de piratages informatiques."

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