La Corée du Nord a développé son internet, mais gare au régime

Nous sommes en l’an 101. Un premier cyber café à ouvert dans la capitale Pyongyang. Nous sommes en l’an 101, car le calendrier nord-coréen commence à la naissance du Grand leader Kim Il-Sung, fondateur de la nation. C’est d’ailleurs la date qui apparait d'emblée sur les écrans.

Inutile de préciser que ces ordinateurs ne sont pas destinés à tout un chacun. Surfer sur KwangMyong est un privilège réservé à l’élite. Oui, là-bas, ça ne s’appelle pas internet mais KwangMyong. Et il est vrai que ça n’a rien à voir. Donc, les hauts fonctionnaires, professeurs et autres chercheurs, peuvent en s’enregistrant, surfer sur le réseau. C’est ce qu’à pu faire un journaliste de la BBC.

Les ordinateurs ne tournent pas sous Windows mais sous Etoile rouge, le système d’exploitation maison. Une version adaptée de Firefox, appelée Naenara (comme le portail d’Etat) permet de consulter les pages. Les possibilités sont tellement limitées, qu’on n’a pas le sentiment d’être sur un réseau mondial. C’est sûr qu’on y trouvera quantité d’infos sur le succès de tir de missile longue portée réalisé cette nuit.

Mais les internautes ont peu de chance de tomber sur quoi que ce soit qui bousculerait les règles et les théories du régime communistes. Au rayon "actualité", vous pourrez par exemple lire La Voix de la Corée. Il y a aussi une fonction "chat", qui permet de dialoguer, à condition de trouver des interlocuteurs.

Pour l’instant, il semble qu’il n’y ait que quelques dizaines de personnes qui soient autorisées à surfer. Mais ça pourrait évoluer. "C’est un premier développement très important", dit un expert de la Corée du Nord. Mais tout est prévu pour éviter les débordements. Le réseau peut être débranché à tout moment.

Et quand on sait que des journalistes ont été envoyés en camp de rééducation pour de simples erreurs de typographie (selon Reporters Sans Frontières), on se dit que les Nord-Coréens qui auraient l’idée de partager leurs réflexions sur KwangMyong ont vraiment intérêt à être prudents. Mais les spécialistes pensent qu'il y aura un stade où les autorités ne parviendront plus à monitorer toutes les communications.

Les révolutions arabes ont mis en évidence le rôle du web et le danger qu’il représente pour les régimes autoritaires. L’Iran a annoncé, début septembre, qu’il avait développé son propre réseau internet, séparé du web mondial. Il devrait être accessible à l’ensemble des Iraniens au printemps prochain. Il n’est pas encore clair si, à terme, il est censé remplacer l’accès au World Wide Web. Dans cette même logique, l’Iran a présenté dimanche sa propre YouTube.

Robin Cornet

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK