La cinéaste belge Chantal Akerman est décédée

C'est un des grands noms du cinéma d'auteur en Belgique qui disparaît : Chantal Akerman est décédée à l'âge de 65 ans. En plus de 40 ans de carrière, elle a bâti une œuvre éminemment intime et personnelle. 

Difficile de résumer l'œuvre polymorphe de Chantal Akerman, qui s'est essayé à plusieurs genres cinématographiques : la comédie musicale avec "Golden Eighties" et Lio en vedette, la comédie romantique avec "Un divan à New York" avec Juliette Binoche et William Hurt, ou encore le film d'amour intimiste avec "Nuit et jour" avec le tout jeune Thomas Langmann, alors acteur et pas encore producteur.

Mais à travers ses recherches formelles, la cinéaste questionnait souvent les mêmes thèmes et les mêmes angoisses existentielles, face au temps qui passe ou la fugacité du souvenir.

Son film fondateur date de 1975, il s'intitule "Jeanne Dielman, 23, Quai du Commerce, 1080 Bruxelles".

Elle y filme, comme en temps réel, le quotidien d'une jeune veuve qui se prostitue à domicile, incarnée par l'égérie du cinéma d'auteur français, Delphine Seyrig. Le film, dans sa radicalité, impose le nom de Chantal Akerman sur la scène internationale mais, en même temps, lui crée instantanément une réputation de cinéaste expérimentale, au style ardu, une réputation qui lui collera toujours à la peau.

Même si ses films restent peu connus du grand public, son influence et son rôle dans l'histoire du cinéma belge restent essentiels, encore aujourd'hui.

À noter que la Cinematek Royale et Flagey lui consacrent justement une rétrospective en ce moment.

La Trois modifie son programme, ce mardi soir

À 21h15 : le documentaire de Marianne Lambert  " I don't belong anywhere, le cinéma de Chantal Akerman "

La filmographie de Chantal Akerman s'étend de 1968 à aujourd'hui, comptant plus de 40 films, fictions et documentaires, films d'art et essai et comédies, sans oublier ses échappées vers d'autres champs artistiques (livres, installations).

Comment appréhender l'oeuvre dans sa richesse et sa modernité ? Entre Bruxelles, New York, et Israël, ce portrait vise à apporter un regard nouveau sur une cinéaste dont le nom rime souvent avec ennui, lenteur, et qui semble muséifiée, alors qu'elle inspire encore aujourd'hui des cinéastes actuels et appréciés des jeunes comme Sofia Coppola ou Gus Van Sant.

Son film "Jeanne Dielman" est le seul film belge figurant (en 23ème place) dans le classement des 50 meilleurs films de tous les temps du BFI (British Film Institute). A noter qu'il n'existe aucun documentaire sur cette cinéaste de référence.

Et à 22h20 : son film " Un divan à New-York "

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