La Belgique sera-t-elle prête pour la 5G?

On a un peu l’impression, en écoutant les opérateurs, que la balle est dans le camp du politique.
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On a un peu l’impression, en écoutant les opérateurs, que la balle est dans le camp du politique. - © JOSEP LAGO - AFP

Tout le monde parle de la future 5G, mais l’Europe, et surtout la Belgique, seront-elle prêtes pour 2020? Selon le calendrier retenu, chaque pays de l’Union européenne devra disposer d’au moins une ville couverte par la 5G dès 2020. Il reste à peine un an et demi, et l’horloge tourne.

D’abord, une petite piqûre de rappel. Par rapport à la 4G actuelle la technologie mobile 5G offre un débit plus rapide mais surtout, elle réduit le temps de latence, c’est-à-dire le délai de connexion entre les appareils. Un critère essentiel pour des objets connectés comme les fameuses voitures autonomes… Globalement, avec la 5G, le débit mobile aura été multiplié par 1000 en 10 ans.

Le standard-il est prêt?

Le premier standard a été défini en décembre. L’étape suivante est attendue pour la fin de cette année. Avec la connexion mobile à haut-débit. Et c’est fin 2019 que la 5G sera totalement opérationnelle.

L’Europe, en avance ou en retard?

L’Europe est "dans les temps". Les Américains se concentrent sur les premières phases de la 5G qui concernent les applications haut-débit tandis que l’Europe a fort investi dans les utilisations du futur, comme, les objets connectés et les voitures autonomes. 

Mais il y a un timing à respecter. La Commission européenne veut que chaque Etat membre, (et ça vaut aussi pour la Belgique) dispose d’une couverture 5G dans, au moins, une ville pour 2020. Et en 2025, ce sera l'ensemble des zones urbaines qui devront disposer d’une couverture 5G. Y compris les grands axes routiers. On est vraiment dans la dernière ligne droite.

Quelle est la première ville belge compatible 5G?

Les premières villes test ont été des parcs technologiques à Hasselt (Limbourg) et Hasrode (Louvain). Mais depuis, ça bouge dans la Capitale. Le gouvernement bruxellois a signé un protocole d’accord avec les 3 opérateurs mobiles pour établir un réseau 5G à temps pour l’échéance 2020. Pour les opérateurs télécom, le problème est que la norme bruxelloise (6 volts par mètre) est trop restrictive. Ils comparent les 6v/m aux 20v6/m de la Flandre et aux 41,2 v/m des recommandation de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). La ministre bruxelloise Céline Frémault (cdH) devra donc réussir à faire passer une ordonnance moins stricte avant la fin de cette année. On sait qu’un avis sera demandé à l’IBPT (le régulateur fédéral) sur l’état de saturation du réseau actuel.

Mais faire passer un sujet aussi sensible (les micro-ondes) en pleine période électorale n’est pas un pari gagné d’avance.  

La Wallonie est-elle aussi candidate au statut de première ville 5G?

La volonté existe, mais la ville n’est pas précisée. Cette fois, c’est Pierre-Yves Jeholet (MR), le ministre wallon de l'Economie et du Numérique, qui veut pousser les feux. En février dernier, il estimait que le débat sur la 5G ne pouvait plus être repoussé. "Le train de la 5G est en marche… La Wallonie ne peut pas être à la traîne de la transformation numérique", avait-il déclaré, regrettant que les normes sont plus strictes dans le sud du pays qu’en Flandre et en Europe. Chassez le communautaire, il revient au galop. Et le ministre Jeholet est confronté au même agenda électoral que Bruxelles.

Même son de cloche, au fédéral cette fois, où le ministre De Croo (Open Vld) a déclaré : "On ne peut pas réclamer une bonne couverture en ayant des normes d'émissions qui sont les plus strictes d'Europe".

Et tout ça ne rassure évidemment pas ceux qui craignent (au contraire) les effets néfastes de ces ondes sur la santé. Quant aux opérateurs, ils ne se prononcent pas ouvertement, mais le nom de Bruxelles est le seul qui est évoqué pour l’instant.

Le prochain octroi des fréquences mobiles nécessaires

L’une des étapes essentielles est l’octroi des nouvelles fréquences. C’est en 2019 que ces fréquences seront vendues aux enchères pour les 20 prochaines années. En plus des fréquences actuelles, dont les licences expirent en mars 2021, de nouvelles fréquences seront proposées pour l'utilisation de la 5G à partir de 2020.

Selon Alexander De Croo en charge de ce dossier, il y aura suffisamment de fréquences même après l'arrivée potentielle d'un quatrième opérateur, les trois opérateurs en place auront plus de fréquences après la vente aux enchères qu'aujourd'hui.

Mais lorsque tout sera en place pour la 5G, il faudra un nouveau téléphone

Les modèles 5G attendus vers la fin 2019 devront supporter à la fois la 5G et la 4G. Car les deux normes devront coexister de longues années. Depuis quelques jours, on a d’ailleurs vu apparaître des prototypes de constructeurs tels que Motorola et Lenovo. Et Intel vient d’annoncer un laptop prêt pour la 5G.

On a un peu l’impression, en écoutant les opérateurs, que la technique sera prête à temps et que la balle est dans le camp du politique. Mais comme avant 2020, il y aura deux scrutins électoraux, ça ne va pas être facile.

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