L'univers high tech, réuni à Berlin, veut faire fi de la guerre Apple-Samsung

Dès l'annonce de sa condamnation à payer plus d'un milliard de dollars à l'inventeur de l'iPhone et de l'iPad, le sud-coréen avait fait des consommateurs "les perdants" de ce procès. Cela "va conduire à moins de choix, moins d'innovation et potentiellement des prix plus élevés", a-t-il averti.

Dans les faits, Samsung a pris le contre-pied de ses propres déclarations et a voulu affiché sa créativité à l'ouverture du plus grand salon d'électronique grand public en Europe.

En effet, c'est dans un grand show, avec orchestre et le réalisateur Wim Wenders en invité d'honneur, que le groupe sud-coréen a dévoilé mercredi soir toute une série de nouveautés, parmi lesquelles un nouveau modèle d'hybride entre tablette et smartphone, un premier téléphone fonctionnant sous le nouveau système Windows 8 et une tablette hybride ou "smart PC".

A l'instar de celle dévoilée mercredi par Sony, plusieurs modèles de ces tablettes combinant écran tactile et clavier très fin détachable, devraient être lancés. Elles seront les stars du salon, aux côtés notamment des télévisions Oled (diode électroluminescente organique) ou des écrans 3D sans lunettes.

La guerre des brevets que se livrent dans plusieurs pays Samsung et Apple et qui avait obligé le sud-coréen lors de l'édition 2011 de l'IFA à retirer une de ses tablettes Android, est "un conflit restreint", estime Jürgen Boyny du cabinet GfK. "Cela ne va pas stopper le développement de nouveautés, ni les ventes de smartphones ou de tablettes", a-t-il expliqué à l'AFP.

D'ailleurs, selon les organisateurs du salon, le marché mondial de l'électronique grand public reste hermétique à la crise et devrait gagner 2% en 2012 à 1.100 milliards de dollars.

"C'est l'innovation qui tire la croissance", a répété devant la presse Rainer Hecker, président de la fédération allemande du secteur qui organise l'IFA.

Face à la presse, l'heure est au show et à la déferlante d'écrans aux résolutions toujours plus grandes ou d'appareils toujours plus fins et plus connectés les uns aux autres. Mais pas de grand produit révolutionnaire et quand même des inquiétudes en arrière-plan.

"Derrière les portes fermées, vous pouvez être sûrs qu'il y aura beaucoup de discussions très sérieuses entre fabricants et développeurs de systèmes d'exploitation" sur les répercussions du procès Apple/Samsung, pense Florian Mueller, spécialiste de la propriété intellectuelle et consultant pour des sociétés informatiques, dont Microsoft.

Certains y voient un risque que les fabricants deviennent plus frileux pour sortir de nouveaux produits, par crainte de poursuites judiciaires.

Jürgen Boyny reconnaît que cela va engendrer des coûts supplémentaires de développement. Mais, selon lui, le secteur est bien assez puissant et la demande suffisamment forte pour passer outre.

"Un marché surprotégé (par des brevets) peut freiner l'innovation et la compétition, mais je ne pense pas que nous ayons encore atteint ce point", estime M. Mueller. "Pour l'instant, je ne crains pas un manque de concurrence", ajoute-t-il, mais les fabricants de high tech vont clairement chercher à ne pas mettre tous leurs oeufs dans le même panier.

Le patron de Panasonic Europe, Laurent Abadie, a ainsi indiqué à l'AFP vouloir être "ouvert à tous les systèmes" d'exploitation pour ses plateformes.

Outre Apple, absent comme à son habitude des salons internationaux, ni Google, qui a lancé cette semaine en France et en Allemagne sa mini-tablette Nexus 7, ni Microsoft, qui pourrait bousculer le marché à l'automne avec sa tablette "Surface", ne font de présentations à l'IFA.


AFP
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