L'invité dans l'actu: c'est la semaine des Prix Nobel

L'invité dans l'actu: c'est la semaine des Prix Nobel
L'invité dans l'actu: c'est la semaine des Prix Nobel - © Tous droits réservés

La médecine ouvre lundi une saison Nobel exceptionnelle, avec deux prix de littérature pour tourner la page du scandale d'agression sexuelle qui a mis l'Académie suédoise en lambeaux, puis le prestigieux prix de la paix que ses soutiens voudraient voir récompenser Greta Thunberg.

Chaque jour, un prix va être annoncé, en commençant par la médecine aujourd’hui. Une semaine réglée comme une horloge, mais qui porte les stigmates du scandale qui s’est déroulé l’an dernier. On se souvient de l’affaire Jean-Claude Arnault l’année dernière. Ce Français, très introduit auprès du monde culturel suédois et marié à une académicienne, est aujourd’hui en prison pour viol, scandales sexuels et financiers liés à l’Académie suédoise qui choisit le prix Nobel de littérature. Ce dernier n’avait d’ailleurs pas été décerné l’an dernier. Tout cela avait bien sûr éclaboussé l’institution Nobel dans son ensemble.

Frédéric Faux, notre correspondant en Suède explique si la tempête est passée ? "C’est en tout cas la question qu’on se pose ici en Suède, car ce triste spectacle pendant lequel les vénérables académiciens se sont écharpés en public — même le roi de Suède avait dû intervenir — a profondément choqué le pays. Concernant l’Académie suédoise qui décerne le Nobel de littérature, des changements ont été faits grâce à une modification des statuts : sept des 18 membres sont partis, trois nouveaux ont été élus en 2018 et quatre autres, toutes des femmes, seront intégrées à la fin de l’année. Pour cette institution qui rassemble la fine fleur des lettres suédoises, créée il y a 233 ans, c’est tout simplement du jamais vu".

Matthias Berg, journaliste culturel à la radio nationale suédoise, qui suit les Nobel depuis plus de 30 ans a aussi son avis sur la question : "Je dirais que du point de vue de l’Académie, la crise est terminée, parce que bien sûr ils ont beaucoup de nouveaux membres et qu’il y a maintenant possibilité de démissionner. L’Académie a toujours été cette sorte de groupe secret en charge de garder le Saint-Graal, le Nobel de littérature. Mais même cette règle a un peu évolué. Il y a maintenant cinq autres personnes, une sorte de comité externe composé de critiques littéraires qui sont aussi chargés de recommander des auteurs pour le prix Nobel".

Pour Frédéric Faux "c'est une note d’ensemble plutôt positive" avec cependant un petit bémol selon Matthias Berg "Ce qui a changé avec cette nouvelle académie, c’est que les nouveaux membres, les nouveaux auteurs, ne sont pas aussi prestigieux qu’avant. Je dirais, même si ça semble un peu rude, que le standard littéraire de cette nouvelle académie est considérablement plus bas que l’ancien. Ils ont probablement sollicité d’autres auteurs qui ont dit non".

D'autres adaptations ?

Pour Frédéric Faux "En fait, non. Les prix Nobel ont beau être devenus des récompenses universelles, des sortes de Jeux olympiques de la pensée qui peuvent changer d’un jour à l’autre la carrière et le statut de scientifiques ou d’écrivains, c’est toujours à la fin un petit groupe de Suédois qui choisit le lauréat. 

Une édition 2019 pour redorer son blason

"C’est bien ça, et on peut imaginer que le choix des lauréats va être scruté avec attention. Pour la paix, la jeune Suédoise Greta Thunberg est souvent citée. Pour la littérature, où vont être annoncés les Nobel 2018 et 2019, on évoque de grands noms, comme l’Albanais Ismail Kadare ou le Japonais Murakami. Choisir un écrivain reconnu, lu, consensuel, c’est finalement la meilleure des choses que les académiciens peuvent faire pour retrouver leur crédibilité" commente Frédéric Faux.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK