L'initiatrice de #Balancetonporc condamnée pour diffamation: "Ca ne veut pas dire que Sandra Muller a menti"

L'initiatrice de #Balancetonporc condamnée pour diffamation: "Ca ne veut pas dire que Sandra Muller a menti"
L'initiatrice de #Balancetonporc condamnée pour diffamation: "Ca ne veut pas dire que Sandra Muller a menti" - © JACQUES DEMARTHON - AFP

L'initiatrice du #MeToo français, qui avait lancé le hashtag #balancetonporc, emblématique de la vague de libération de la parole des femmes dénonçant agressions et harcèlements sexuels, a été condamnée mercredi pour avoir diffamé l'homme qu'elle accusait de harcèlement, une décision dont elle va faire appel.

Sandra Muller, l'une des "briseuses de silence" désignées par le magazine Time comme "Personnalités de l'année" 2017, a été condamnée par le tribunal de Paris à payer 15.000 euros de dommages et intérêts au plaignant, Eric Brion, au titre du préjudice moral. Le tribunal a souligné que la question des "violences sous toutes leurs formes infligées aux femmes par des hommes constitue à l'évidence un sujet d'intérêt général".

Sur Twitter, des hommes revanchards se sont dépêchés de relayer la nouvelle, qui pour eux, discrédite complètement le mouvement.

Comme l'ont fait remarquer plusieurs femmes, dont la journaliste Rosanne Mathot, cela ne signifie pas que Sandra Muller "a menti": " Les propos qu’elle a rapportés ont été publiquement endossés par son auteur, dans Le Monde, qui a dit les regretter. C’est la qualification de "harcèlement sexuel" que la justice a jugée : des propos tenus 1 fois ne sont pas du harcèlement.

 

 

Le tribunal a donc estimé le préjudice fait à Eric Brion, alors que pris isolément, son message ne pouvait être assimilé selon la justcie à du harcèlement.

Sandra Muller "a manqué de prudence dans son tweet, notamment en employant des termes virulents tels que 'porc' pour qualifier le demandeur, l'assimilant dans ce contexte à Harvey Weinstein, et 'balance', (...) l'exposant ainsi à la réprobation sociale; elle a dépassé les limites admissibles de la liberté d'expression, ses propos dégénérant en attaque personnelle", a estimé le tribunal français.

Les juges ont souligné "le retentissement exceptionnel mondial qu'ont eu ces deux tweets" et leurs conséquences pour Eric Brion: "isolement social" et lourde dépression.

"Ce n'est pas un signal positif que la justice envoie. On leur dit, Mesdames, retournez sept fois votre langue dans votre bouche avant de tweeter, sinon vous serez asphyxiées financièrement", a de son côté critiqué l'avocat de Sandra Muller.

Eric Brion "attend sereinement le procès en appel, une voie de recours à laquelle il n'a pas eu droit quand il a été condamné par le tribunal de Twitter", a commenté son défenseur.

Réaction de Sarah Muller et de son avocat Francis Szpiner, qui annoncent qu'ils iront en appel

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