L'hebdomadaire Charlie Hebdo transmet sa mémoire post-attentat aux Archives de Paris

Il a fallu un an et demi aux deux archivistes volontaires pour classer les documents post-13 novembre.
Il a fallu un an et demi aux deux archivistes volontaires pour classer les documents post-13 novembre. - © FRANCOIS GUILLOT - AFP

Des milliers de dessins, des lettres d'amour, de soutien ou d'insultes... Charlie Hebdo veut donner aux Archives de Paris tous les documents reçus après l'attentat de janvier 2015 qui a décimé une partie de la rédaction de l'hebdomadaire satirique.

"Ce sont tous les courriers qu'on a reçus après. Je pense que ça fait partie de l'histoire et de la mémoire de la ville de Paris", a expliqué à l'AFP Riss, directeur et co-détenteur de Charlie Hebdo. Le 7 janvier 2015, l'hebdomadaire avait été la cible d'une attaque djihadiste.

Une fois classés par les Archives, ces documents reçus après l'attentat seront accessibles au public, notamment aux chercheurs, à l'instar des milliers de témoignages de soutien déposés sur les sites des attentats du 13 novembre 2015 et indexés par les Archives de la ville de Paris.

Pour être effectif, ce projet doit encore être validé par le Conseil de Paris lors de sa prochaine réunion en juillet. Depuis plus de 200 ans, les Archives de Paris collectent, classent, conservent et communiquent des documents d'intérêt historique, concernant Paris ou l'ancien département de la Seine.

Des milliers de documents

Pour Guillaume Nahon, directeur des Archives de Paris, le "fonds Charlie" "a sa place aux Archives": "il est d'une grande richesse et formera un ensemble très cohérent avec les archives du 13 novembre pour pouvoir comprendre les réactions du public aux attentats de 2015".

35 grands cartons contenant entre 56.000 et 70.000 documents ont d'ores et déjà été transférés des locaux du journal à ceux des Archives. Ils ont rejoint les quelques 67 kilomètres linéaires de documents que la ville de Paris conserve dans le nord de la capitale. "Le fonds sera accessible dans deux ans car c'est un matériau brut dont il faut vérifier la communicabilité", soit la possibilité légale d'être montré au public, souligne Guillaume Nahon.

Il a fallu un an et demi aux deux archivistes volontaires pour classer les documents post-13 novembre. Ce sont les mêmes employés qui s'occuperont du fonds Charlie, dont une partie sera à terme consultable en ligne, sur le site archives.paris.fr.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK