L'e-sport en Belgique: "On a énormément de retard sur l'Allemagne et la France, qui sont déjà très fédérées"

L'e-sport en Belgique: "On a énormément de retard sur l'Allemagne et la France, qui sont déjà très fédérées"
L'e-sport en Belgique: "On a énormément de retard sur l'Allemagne et la France, qui sont déjà très fédérées" - © Tous droits réservés

En ce moment se déroule à Cologne, en Allemagne, la Gamescom, le plus grand salon du jeu vidéo en Europe. L'e-sport est l'un des plus grands phénomènes culturels de ces dernières années. Cette activité s'est largement professionnalisé et est devenu un vrai business qui génère énormément d'argent.

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"Ce phénomène a grandi avec l'arrivée des jeux multijoueurs gratuits sur le Net. Maintenant, de sa chambre, tout le monde peut devenir un sportif à part entière et ce sont donc toutes ces opportunités offertes par le Net qui ont permis aux jeux vidéo et à l'e-sport de se développer. C'est aussi parallèle à la dimension qu'a prise la culture du jeu vidéo maintenant. Le business du jeu vidéo est maintenant beaucoup plus que le business de la musique et du cinéma réunis, ça représente vraiment des milliards de chiffre d'affaires par année", explique Gregory Carette, expert thématique jeu vidéo et e-sport à la RTBF. 

Les droits de diffusion se payent maintenant, c'est ce qui va amener de l'argent à l'e-sport

A l'heure actuelle, il est possible de vivre de la profession de gamer, bien que ce soit encore un peu "le Far West" selon Gregory Carette. "Il gagnera sa vie en trouvant un contrat chez un employeur, une équipe d'e-sport, et en gagnant des tournois, puisqu'il y a des cash prize dans les tournois et les gains lui reviennent et reviennent aussi en partie à son équipe et à ses coéquipiers. Et il y a aussi les sponsors, puisque le sponsoring a été, jusqu'à ces dernières années, un des plus grands bénéficiaires de l'e-sport ; c'est lui qui a généré beaucoup d'argent pour l'e-sport." 

Et l'on voit aussi une nouvelle vague arriver: celle des droits de diffusion. On parle de milliards au niveau mondial. "Les droits de diffusion se payent maintenant. Quand on va vouloir diffuser une compétition de Dota, de League of Legends ou de CS:GO, il va falloir acheter, comme on achète des droits de télévision pour un match de foot. Cette tendance commence à augmenter et ses revenus deviennent de plus en plus grands. C'est ce qui va augmenter et avec les années, c'est ce qui va devenir de plus en plus cher et c'est ce qui va amener de l'argent à l'e-sport."

La Belgique, mal placée sur le marché

L'Allemagne fait office de premier marché pour l'e-sport, avec 62 millions d'euros générés en 2018. La Belgique quant à elle n'est pas bien placée sur le marché. 

"Des études montrent qu'avec les années, la Belgique va vraiment rattraper son retard. On parlait de 2,5 millions en 2017 et ça prendra a priori 20% chaque année. Donc, de manière logarithmique, on va vraiment rattraper notre retard sur l'Europe. On a énormément de retard sur l'Allemagne et sur la France, qui sont déjà très fédérées. On a par exemple en France une association qui ne se dévoile pas comme une fédération, France Esports, qui fait énormément évoluer les choses, notamment au niveau de la structure, au niveau des statuts pour les joueurs et qui fédère aussi tous les métiers qui gravitent autour de l'e-sport, qui ne se limite pas simplement à des joueurs de jeux vidéo. Il faut évidemment des journalistes, des producteurs, des caméramans et des réalisateurs qui savent travailler sur ce domaine."

Et difficile de réglementer tout cela, rien n'est vraiment fédéré pour l'instant au niveau mondial. La raison? Les jeux appartiennent à des éditeurs et c'est très difficile de pouvoir fédérer quelque chose qui a un propriétaire. "Le joueur qui a gagné trois millions à la Coupe du Monde de Fortnite, un jeune de 16 ans, va se faire taxer par rapport à l'endroit où il vit. On sait qu'un des grands joueurs qui a dû gagner un peu moins — un million de dollars seulement — va se voir retirer la moitié de ses gains en taxes." 

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