Les Editions de l'Avenir en difficulté: 60 équivalents temps plein menacés au sein du groupe

Un conseil d'entreprise extraordinaire s'est tenu ce mardi matin aux Editions de l'Avenir. En milieu de journée, on apprenait que 60 équivalents temps plein étaient menacés sur les quelque 280 que compte le groupe.

Dans un communiqué publié par la maison-mère Nethys, on apprend que la direction annonce clairement son intention de restructurer et de se séparer de 60 équivalents temps plein principalement dans les équipes rédactionnelles et commerciales des Editions de l'Avenir. La procédure Renault va être enclenchée. La première phase d'information et de consultation démarrera cette semaine avec les représentants du personnel.

Ce n'est qu'à la fin de cette procédure que l'on connaitra le nombre exact d'emplois perdus dans ce licenciement collectif. Emmanuel Wilputte, le président de la société des rédacteurs, fait un parallèle entre l'affaire Nethys/Publifin et les événements d'aujourd'hui. "Il y a eu un climat politique assez détestable autour du groupe Nethys et de son démantèlement qui n'en est plus un. Mais il y a, quand même, des conséquences de toute cette tempête qui nous frappe maintenant directement. Les effets concrets de cette tempête politique s'abattent sur l'Avenir et sur des gens qui ont couvert très correctement et avec beaucoup d'indépendance la commission d'enquête Publifin. Donc, on se sent victime d'un contexte." Il y a donc pour lui clairement un lien entre l'affairte Publifin et ce qu'il se passe aujourd'hui.

Comment se redéployer avec un quart de personnes en moins ?

"On nous a présenté un plan de transformation visant à faire du journal l'Avenir le premier quotidien francophone. Mais derrière cela, il est clair qu'il y a un plan de restructuration très sévère. Et la question que l'on se pose, c'est comment mener de nouveaux projets, comment se redéployer avec un quart de personnes en moins. On n'a évidemment aucune réponse pour l'instant." nous confie Bruno Malter, chef des éditions namuroises et représentant des cadres aux Editions l'Avenir. Selon lui, le personnel est choqué aujourd'hui.

La menace planait sur ce groupe. En effet, Nethys juge que les finances des éditions l'Avenir ne sont pas assez saines. L'actionnaire a donc pris une autre décision importante puisque l'impression des quotidiens se fera chez Rossel dès le début 2019. Ce groupe de presse compte déjà, dans son giron, les quotidiens Le Soir et Sudpresse.

Une décision opérationnelle selon Nethys qui précise qu'aucune reprise des Editions de l'Avenir par Rossel n'est à l'ordre du jour. Mais pour Bruno Malter, "on se pose beaucoup de questions quant à un éventuel rapprochement. Le fait de choisir un format qui soit celui de Sudpresse et du Soir favorise un éventuel rapprochement."

L'AJP pointe Nethys du doigt

L'Association des journalistes professionnels (AJP), que nous avons contactée, se dit particulièrement vigilante quant au maintien de l'emploi, d'un journalisme de qualité et sera attentive au respect d'une réelle offre pluraliste d'information en Fédération Wallonie-Bruxelles. L'AJP souligne au passage que l'actionnaire, Nethys, n'a quasi rien fait pour l'avenir de l'entreprise et n'a pas tenu compte des vrais enjeux numériques. "L'actionnariat n'est pas professionnel et, ça, c'est dommageable", nous confie l'AJP.

Une assemblée générale s'est tenue vers 13h, en présence de membres de la Société Des Rédacteurs (SDR), du délégué de l'Association des Journalistes Professionnels (AJP) et des représentants des syndicats Setca et CNE.

L'Avenir est le deuxième quotidien francophone en Wallonie avec neuf éditions locales et une édition wallonne. Plus de 77.000 exemplaires de ce quotidien sont vendus chaque jour. L'édition namuroise de l'Avenir fêtera son 100ème anniversaire dans quelques semaines. Et si on prévient déjà que les cérémonies ne seront pas annulées, elles ne seront sans doute pas aussi festives que prévues...

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