Kadri Gürsel: "La Turquie préfère Daech aux Kurdes"

Kadri Gürsel est l'auteur d'un ouvrage qui vient de sortir "Turquie, année zéro", aux éditions du Cerf. Un des acteurs au balcon de cette guerre est bien la Turquie qui accueille 2 700 000 réfugiés syriens sur son territoire. Et devant le péril du groupe terroriste État Islamique, elle se joint à la coalition pour frapper Daech, un monstre que la Turquie a pourtant aidé à créer. C'est du moins l'opinion de l'un des éditorialistes les plus célèbres de Turquie.

"La Turquie a participé à la création de Daech"

Kadri Gürsel travaillait depuis 20 ans pour le quotidien Millyet. Il en a été écarté cet été après un tweet égratignant le puissant président Erdogan. Kadri Gürsel souligne le rôle ambigu de la Turquie dans la guerre en Syrie.

"Tout instrument pour renverser le régime, c’était bon. Il fallait le renverser immédiatement et pour le renverser immédiatement, on avait besoin des combattants étrangers et ces combattants étrangers étaient des djihadistes. Mais comme ils ont cru que le régime s’ébranlerait en quelques mois, ils ont passé un point irréversible. Est-ce que la Turquie aujourd’hui combat vraiment efficacement Daech ? Non. Elle fait le minimum nécessaire pour que la communauté internationale, les États-Unis et la coalition anti-Daech ne lui posent pas de problème dans sa lutte contre les Kurdes, car la Turquie – il faut franchement dire ça – la Turquie préfère Daech aux Kurdes."

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