Julio Ribera: la mort d'un artiste qui a aimé toucher à tout, souvent avec humour

Julio Ribera: la mort d'un artiste qui a aimé toucher à tout, souvent avec humour
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Julio Ribera: la mort d'un artiste qui a aimé toucher à tout, souvent avec humour - © Tous droits réservés

Il n’y a pas un seul amateur de bande dessinée qui ne connaît pas Julio Ribera. Il a à son actif plus de cinquante albums qui ont accompagné pleinement l’évolution de la bande dessinée, des années 50 jusqu’aux années 2010 !

Sa " série " la plus connue, c’est évidemment " Le Vagabond des Limbes ". Une saga SF qui compte plus de trente albums, et qui met en scène Axle Munshine, dans un univers où toutes les monstruosités sont possibles, et son compagnon Musky qui a la capacité de choisir son sexe… donc ses amours !  Une série qui a enchanté bien des générations, qui me semble même, d’un avis tout personnel, supérieure à " Valérian "… Grâce à un scénario, entre autres, de Godard, qui a toujours cultivé avec talent un ton résolument politiquement incorrect !

Mais Ribera, c’est aussi l’auteur d’une bd fantastico-érotico-humoristique, Dracurella, qui a enchanté bien des lecteurs de Pilote dans les années 70 !

Julio Ribera, c’est aussi un artiste à la fidélité évidente. Ses collaborations avec Christian Godard, par ailleurs le dessinateur du fabuleux Martin Milan, prouvent que leur amitié n’était pas que professionnelle.

Dans " Le Grand Scandale ", c’est l’univers glauque des Etats-Unis et de leurs corruptions que Ribera et Godard visitent, avec un personnage qui est dessinateur de bd, des bd dans lesquelles il mêle l’érotisme et la révélation de quelques secrets d’Etat…

Et puis, Ribera, c’est aussi, et toujours avec Godard, ce qui me semble être leur meilleure série : " Chroniques du temps de la vallée des Ghlomes ". Une suite d’albums totalement délirants, réjouissants, dans lesquels le plaisir d’un érotisme bon enfant, provocateur mais jamais vulgaire, une thématique qui a toujours plu aux deux compères, fait réellement merveille !...

Ces dernières années, Julio Ribera s’est attaché à des œuvres beaucoup plus personnelles, centrées sur ses souvenirs intimes, ceux de la guerre d’Espagne, entre autres, ceux de la dictature de Franco… Ceux de son arrivée en France dans les années cinquante, également.

Et aujourd'hui, après s’être ainsi replongé dans ce que fut son existence, Julio Ribera, âgé de 91 printemps, a donc rejoint ces limbes dans lesquelles il va pouvoir retrouver ses personnages, leurs rires, et leurs courbes sensuelles… 

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