Journée de la fin de l'esclavage : trois films cultes qui abordent le mieux la thématique

Trois films qui abordent la question de l'esclavage.
Trois films qui abordent la question de l'esclavage. - © D. R.

Quels sont les trois films qui parlent le mieux de l’esclavage aux Etats-Unis ? Voici notre sélection en ce vendredi 19 juin, "Juneteenth". Aux Etats-Unis, le "Juneteenth" (contraction de June – juin – et nineteenth – dix-neuvième) est le jour de l’Emancipation ou de la Liberté. Le 19 juin 1865 était annoncé la fin de l’esclavage dans l’Etat du Texas conduisant à l’émancipation des esclaves africains dans les Etats indépendants autoproclamés du Sud confédéré. Le contexte actuel donne à cette journée une note toute particulière : la mort de George Floyd, Afro-Américain tué par un policier blanc et les manifestations de masse dans tout le pays rappellent que le racisme demeure une réalité dans le pays.

Notre sélection comporte trois films, dont deux réalisés par Steven Spielberg.

  • "Amistad", sorti en 1997

Inspiré de faits réels, "Amistad" raconte la mutinerie d’un groupe d’esclaves africains à bord d’un bateau espagnol utilisé pour la traite des noirs "La Amistad". Le 2 juillet 1893, 53 esclaves arrachés illégalement de l’actuelle Sierra Leone décident de se rebeller contre leurs geôliers. Cinque, le meneur des esclaves, joué par Djimoun Hounsou ("Gladiator", "Lara Croft", des clips pour Madonna et Janet Jackson…) profite d’une tempête en mer pour lancer l’assaut. Le capitaine du bateau est tué.

En mer, les esclaves exigent de l’équipage de rentrer en Afrique. Ce dernier veut à tout prix rester dans les eaux cubaines. Coup du sort : le bateau dérive vers les côtes américaines. Les Africains, qui réclament le statut de réfugiés sont arrêtés et jugés pour meurtre. Les marchands eux exigent de récupérer "leurs marchandises". S’en suit un procès qui va tenir tout le pays en haleine et surtout rappeler un principe fondamental : celui de tout être humain à jouir de sa liberté.

Le film, réalisé par Steven Spielberg est une oeuvre coup de poing qui bénéficie d’un casting de rêve (Anthonyn Hopkins, Morgan Freeman, Matthew McConaughey, le débutant Chiwetel Ejiofor…). Il est salué par la critique mais n’obtient aucun Oscar malgré quatre nominations et aucun Golden Globes (quatre nominations également).

  • "Twelve years a slave", sorti en 2013

L’acteur Chiwetel Ejiofor, petit rôle dans "Amistad", obtient la tête d’affiche de "Twelve years a slave" (Esclave pendant douze ans), Oscar du meilleur film en 2014. Selon le "New Yorker", ce drame inspiré de l’autobiographie de Salomon Northup et réalisé par Steve McQueen est "de loin le meilleur film jamais réalisé sur l’esclavage en Amérique".

L’œuvre ne laisse pas insensible. Elle raconte l’histoire de Salomon Northup, dans les années 1840. Bien que libre, vivant avec sa femme et ses deux enfants dans un Etat du Nord, ce charpentier et violoniste est drogué, enlevé et vendu comme esclave dans une ferme en Louisiane, Etat du Sud. Passant de maître en maître, Salomon tente d’expliquer qu’il y a maldonne et qu’il est un homme libre. Mais rien n’y fait! Pendant douze années, il va subir les humiliations, un lynchage, une pendaison, va se voir obligé de fouetter une jeune esclave violée par son maître… Les scènes sont brutes et d’une violence rare… Salomon parvient à quitter son dernier geôlier, Edwin Epps et à retrouver sa famille après avoir envoyé une lettre à des amis dans le Nord et l’ouverture d’une enquête.

Redevenu libre, Salomon écrit un livre contant sa terrible aventure et décide de lutter pour l’abolition de l’esclavage.

Le film bénéficie également d’un casting haut de gamme : Michael Fassbender, Benedict Cumberbatch, Brad Pitt…

 

  • "Lincoln", sorti en 2012

Produit et réalisé par Steven Spielberg, "Lincoln" est un biopic nommé douze fois aux Oscars. Il raconte la fin de la vie du 16e président américain Abraham Lincoln et son combat pour mettre fin à l’esclavage dans tous les Etats-Unis. C’est le célèbre Treizième amendement adopté le 6 décembre 1865 par le Congrès américain, plusieurs mois après le 19 juin, jour de l’annonce de la fin de l’esclavage, pas encore officiellement ratifié.

Le rôle principal dans "Lincoln" est tenu par l’acteur britannique Daniel Day-Lewis ("Le dernier des Mohicans", "My left foot"…), oscarisé pour sa prestation impressionnante. En janvier 1865, le président américain sait que la fin de la guerre civile est proche. Mais son objectif premier, c’est de faire en sorte que sa proclamation d’émancipation des esclaves de 1863 reste un acquis lorsque les Etats du Sud seront intégrés à ceux du Nord. Son amendement doit être adopté avant la fin de la guerre. Débute alors un combat politique où se mêlent droits humains, intérêts et calculs politiques ainsi que drame avec l’attentat visant le président.

Le film est un portrait intimiste, au plus près des coulisses du pouvoir américain cette année-là, sur le thème de l’esclavage.

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