"Je chie sur Dieu": l'acteur espagnol Willy Toledo interpellé pour blasphème

"Je chie sur Dieu": l'acteur espagnol Willy Toledo interpellé pour blasphème
"Je chie sur Dieu": l'acteur espagnol Willy Toledo interpellé pour blasphème - © Tous droits réservés

Un acteur espagnol poursuivi pour blasphème et interpellé mercredi a été remis en liberté conditionnelle jeudi, a-t-on appris jeudi auprès du tribunal.

La justice "a accordé la liberté conditionnelle et sans caution à Guillermo (appelé communément Willy) Toledo", a indiqué le tribunal supérieur de justice de Madrid dans un communiqué.

Willy Toledo, qui avait refusé à deux reprises ces derniers mois de se présenter devant la justice, a été interpellé mercredi à Madrid pour être amené devant un juge.

L'acteur est poursuivi pour avoir publié en juillet 2017 un message sur Facebook, en défense de trois femmes elles-mêmes poursuivies pour blasphème après avoir porté en procession à Séville un vagin géant qu'elles avaient baptisé le "con insoumis".

"Je chie sur Dieu et j'ai de la merde à revendre pour chier sur le dogme de 'la sainteté et la virginité de la Vierge Marie'", avait écrit le comédien, volontiers provocateur sur les réseaux sociaux.

L'Association espagnole des avocats chrétiens avait porté plainte contre le comédien, l'accusant d'"avoir moqué Dieu et la Vierge Marie". 

Le juge doit désormais décider s'il renvoie Toledo devant la justice. L'acteur risque seulement une amende.

En sortant du tribunal, Toledo a indiqué devant la presse qu'il avait demandé à ce que l'affaire soit classée car il estime n'avoir commis aucun délit et car il juge "digne d'un pays du tiers monde qu'il y ait encore cinq articles du code pénal se référant à l'offense au sentiment religieux".

De nombreux acteurs ont défendu Toledo comme Javier Bardem. Willy Toledo est un des nombreux internautes ou artistes espagnols poursuivis pour leurs déclarations ou les textes de leurs chansons, ce qui a généré un vif débat sur la liberté d'expression dans le pays. 

Le rappeur Valtonyc s'est lui enfui en Belgique, dont la justice doit décider le 17 septembre si elle l'extrade vers l'Espagne, pour éviter une peine de 3 ans et demi de prison pour "apologie du terrorisme" dans ses textes.
 

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