Image fixe d'un monde qui bouge : "May God Help Us"

"May God Help Us" (format original en fin d'article).
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"May God Help Us" (format original en fin d'article). - © Gaël Turine

Chaque jour, la RTBF vous propose le regard et la plume d’un photographe indépendant sur la crise que nous traversons. Un cliché et un texte publiés chaque jour en soutien à la presse, dans le cadre de "#Restart", le plan de la RTBF lancé en soutien à la culture et aux médias, secteurs durement touchés.


Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, les églises avaient le droit de rester ouvertes durant le confinement, pour autant que les messes et autres services religieux n’y soient pas organisés. Si la très grande majorité des églises ont alors été fermées, l’abbé Michel Christiaens a lui décidé de maintenir l’église Saint-Gilles ouverte. Située sur le parvis, elle a continué d’accueillir les fidèles issus des différentes communautés de ce quartier cosmopolite bruxellois.

J’y ai rencontré des hommes et femmes originaires du Brésil, d’Espagne, d’Italie du Congo, de Pologne, de Roumanie, du Cameroun, de Moldavie, de Colombie… et d’ici. L’église Saint-Gilles a un rôle social sur le parvis et le contrôle social qui se joue dans l’église permettait à l’abbé d’ouvrir le lieu au public. L’église était en quelque sorte protégée par cette organisation sociale et son activité religieuse quasi permanente.

J’ai été une vingtaine de fois au cours des deux derniers mois et chaque moment passé dans cette église était, de par ces rencontres et ma recherche photographique, un moment particulier. Peut-être y trouvais-je aussi un environnement bien moins anxiogène que celui montré par ma ville. Les croyant.e.s respectaient scrupuleusement la distanciation sociale, certain.e.s portaient des masques et ou des gants, le silence était de mise pour que toute personne pénétrant dans l’église puisse y trouver refuge et vivre pleinement sa foi.

Bien qu’athée, le calme, la sérénité et la spiritualité qui habitent l’église m’ont impressionné. Que les personnes viennent prier pour d’autres ou pour eux-mêmes, cette impalpable charge de "vérité" qui les habitaient contrastait avec le caractère irréel des rues vidées de ses habitants.