Image fixe d'un monde qui bouge : masqué ou non, le Manneken n'arrête pas de pisser

Qu'il soit masqué ou non, le Manneken n'en a pas fini de pisser sur les visiteurs (format original de la photo en fin d'article).
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Qu'il soit masqué ou non, le Manneken n'en a pas fini de pisser sur les visiteurs (format original de la photo en fin d'article). - © Aurélien Martini

Chaque jour, la RTBF vous propose le regard et la plume d’un photographe indépendant sur la crise que nous traversons. Un cliché et un texte publiés chaque jour en soutien à la presse, dans le cadre de "#Restart", le plan de la RTBF lancé en soutien à la culture et aux médias, secteurs durement touchés.


Voilà cinq ans que je passe tous les jours devant le Manneken-Pis. Haut lieu du tourisme bruxellois, je ne l’avais jamais connu sans visiteurs. Ce monument est quasiment un lieu de pèlerinage touristique. Au fil du temps, j’ai pris l’habitude d’immortaliser les foules du monde entier qui s’y pressent pour admirer le "petit homme qui pisse", le photographier et surtout, se photographier devant.

Lorsque j’y suis repassé pour la première fois après le confinement, le 29 mai, la rue me paraissait si triste. Les rideaux de fer étaient tirés, l’habituelle odeur de gaufres avait disparu, le Manneken-Pis était masqué et la rue déserte. Habituellement lieu de vie et d’effervescence, j’ai attendu de longues minutes pour que deux personnes viennent poser devant la statue.

À ce moment-là, ni perche à selfie, ni photo de groupe, ni foule de smartphones. Ces deux personnes ont commencé à se photographier. La scène en définitive était plutôt triste, rien ne se passait : une photographie rapide masquée devant un Manneken-Pis masqué.

Quoi qu’il en soit, masqué ou non, le Manneken n’en a pas fini de pisser sur ces visiteurs !