Image fixe d'un monde qui bouge : salle d'attente, aujourd'hui zone à risques

La salle d'attente d'une clinique, l'hôpital Chirec de Braine-l’Alleud, aujourd'hui devenue zone à risques (voir format original de la photo en fin d'article).
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La salle d'attente d'une clinique, l'hôpital Chirec de Braine-l’Alleud, aujourd'hui devenue zone à risques (voir format original de la photo en fin d'article). - © Marc Ots

Chaque jour, la RTBF vous propose le regard et la plume d’un photographe indépendant sur la crise que nous traversons. Un cliché et un texte publiés chaque jour en soutien à la presse, dans le cadre de "#Restart", le plan de la RTBF lancé en soutien à la culture et aux médias, secteurs durement touchés.


Ouverture partielle des consultations médicales en 2e phase progressive de déconfinement. Masque et gel obligatoires. Une place assise interdite entre patients.

Certaines personnes doivent patienter debout par manque de places. Il est imposé de venir seul.e en consultation.

Habituellement lieu de soins, la clinique est paradoxalement ressentie aujourd’hui comme zone à risques, espace où la suspicion s’infiltre quant à la potentialité de contamination entre patients asymptomatiques.

Outre la perte d’identité visuelle liée au masque, on observe une diminution importante des interactions entre les patients, comme ces femmes, chacune repliée sur son smartphone, s’échappant de la réalité physique.

La patiente debout tourne le dos aux autres, respectant ainsi la distanciation, les bras croisés protecteurs. Aujourd’hui, le corps et les gestes prennent une autre dimension dans la communication. Le confinement semble avoir accentué l’individualisation, la peur de l’autre, de l’environnement…

La force de la nature, de sa menace potentielle, s’inscrit aussi dans l’image de la lionne au mur, paraissant au final moins dangereuse que ce virus sournois qui peut, à tout moment, nous surprendre, nous priver de liberté, nous rendre vulnérables ou nous tuer…

Il m’a semblé intéressant d’approcher le déconfinement progressif à l’hôpital mais du côté des utilisateurs : comment les choses s’organisent-elles pour eux, comment se comportent-ils, respectent-ils les règles imposées tant par les autorités que par l’institution hospitalière ? Les rapports humains sont-ils modifiés par cette nouvelle proxémique et cette menace invisible ? Des changements sont perceptibles dans l’approche de ce lieu médical par les citoyens, ceci d’autant que les messages de prévention y sont maintes fois rappelés et affichés sur les murs.

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