Il y a 40 ans, Charlie Chaplin s'éteignait la nuit de Noël

La nuit du 24 au 25 décembre 1977, Charles Spencer Chaplin décédait. Quarante ans plus tard, l'oeuvre de cet artiste cinéaste fait encore écho. Comment ce garçon des bas fonds londoniens a-t-il réussi à marquer le 7eme art? Retour plus d'un siècle en arrière. 

Une icône du 7ème art

Lorsqu'en 1914, un curieux personnage à la démarche de pingouin débarque sur les écrans, Charles Spencer Chaplin vient d'inventer Charlot. 

Avec son chapeau boule trop étroit, son pantalon trop grand et ses chaussures trop larges, Charlie Chaplin "a créé un mythe, une silhouette, un personnage décliné sous toutes ses formes", explique Hugues Dayez, journaliste spécialiste cinéma de la RTBF. "Il a vraiment créé une icône du 7ème art, ce qui est extrêmement rare. Surtout que cela perdure, quarante ans après sa mort." 

Enfant de la balle, Chaplin va passer du court métrage burlesque aux films plus longs avec des histoires parfois très fortes. Dans 'Le Kid' par exemple, histoire d'un jeune garçon pauvre, il dévoile une sorte d'autobiographie.

Un des seuls à survivre au passage au parlant

Chaplin sait tout faire: jouer, réaliser et produire des films. Il crée même les partitions musicales. "Chaplin ne veut pas être un numéro, un acteur dans le système hollywoodien. A 30 ans, il est déjà son propre producteur. Pourquoi? Pour avoir une liberté artistique totale", explique Hugues Dayez.

Du muet au parlant, il attend le bon moment et est finalement l'un des seuls à survivre à la transition.

"Le passage au parlant, à la fin des années 20, a été une catastrophe pour énormément de stars de l'époque. Charlie Chaplin, lui, diffère", reconnait Hugues Dayez. L'une des scènes les plus emblématiques de sa carrière est d'ailleurs son discours prononcé dans Le Dictateur, preuve du succès de sa reconversion. 

La première fois qu'on entend la voix de Charlie Chaplin, il chante

Messages politiques

Chaplin est aussi un artiste engagé. Il montre la vie des migrants, des parias, des pauvres. Dans 'Les Temps Modernes', il dénonce l'exploitation des ouvriers par les machines.

"Il y a des films plus ouvertement politiques", explique Hugues Dayez. "Il fait 'Le Dictateur' en 1940, à l'aube de la seconde guerre mondiale et préfigure déjà toutes les horreurs du nazisme et les délires d'Hitler."

La vidéo du célèbre discours de Charlie Chaplin dans "Le Dictateur"

Des opinions trop à gauche pour l'Amérique

Après la deuxième guerre mondiale, il ne fait cependant plus rire tout le monde. On le jalouse, on lui reproche sa vie dissolue et ses opinions trop à gauche pour les anti-communistes américains de l'époque. 

"Il aimait les jeunes actrices, il changeait de femme assez régulièrement et il avait des opinions très ancrées à gauche", relate Hugues Dayez. "Et cela irrite les politiques dans l'Amérique puritaine, alors que le maccarthysme [chasse aux communistes] est en train de monter en puissance."

Interdit de visa aux Etats-Unis, il s'exile en Europe et s'installe en Suisse. Finalement, il ne recevra que très tardivement une reconnaissance de la profession avec un Oscar d'honneur. Néanmoins, ajoute Hugues Dayez, "l'ombre de Chaplin plane aujourd'hui chez beaucoup de réalisateurs". 

Charlie Chaplin reçoit un Oscar cinq ans avant son décès

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