Il y a 25 ans, un petit bonhomme répondant au nom de Bla-Bla atterrissait sur nos écrans

Et hop, Blabla est né !
2 images
Et hop, Blabla est né ! - © RTBF

Depuis sa petite maison en forme de Mister Cash, une petite marionnette a enchanté une génération entière de « lardons ». Rien que ce mot aura sûrement rappelé un tas de souvenirs à celles et ceux d’entre vous, à qui Wilbur Disquedur, Monsieur Virgule, Louis Toupti « parlent ». Cette marionnette, c’était Bla-Bla.

Mais avant de faire connaissance avec l’histoire de la naissance de Bla-Bla, il faut rencontrer son papa, Bernard Halut. A l’époque, il est chargé de mettre sur pied la nouvelle émission pour enfants de la RTBF. "J’étais réalisateur à la RTBF et j’ai été contacté par la responsable des émissions Jeunesse de la RTBF, avec laquelle j’avais déjà travaillé. Elle savait que j’avais 4 enfants et elle était elle-même maman d’une petite fille du même âge que mon aînée, se souvient le père de Bla-Bla. Et l’idée me vient en me rendant au Mister Cash. Mes enfants voulaient toujours pousser sur tous les boutons. Et je me suis dit : 'tiens, ce serait marrant qu’un personnage apparaisse là et demande combien je veux d’argent'. C’est ainsi que le premier projet s’appelait Mister Cash. A cette période, je travaillais aussi pour les ‘marionnettes de l’info’belge à Canal +. Les marionnettes, ça me connaissait donc. J’ai donc décidé d’opter pour une marionnette." Et ce sont les petits copains de la classe de ses enfants qui ont imaginé le visage de Bla-Bla.

Dernière étape : trouver les comédiens. "J’ai fait un petit casting avec, notamment, des membres de la "Ligue d’impro", qui comprenait Eric De Staercke, alias Wilbur Disquedur, et Marie-Paul Kumps, alias Mamie Nelly, et on a démarré avec un marionnettiste qui s’appelait Alain Perpète. Mais il n’est resté qu’un an dans l’équipe. " Démarre alors l’écriture des premiers scénarii. Entre Bernard Halut et Olivier Happart, qui a rejoint l’équipe depuis, cela fait clic. Les idées s’enchaînent dans leurs têtes, les mises en scène prennent forme sur le papier, et voilà les premières saynètes de Bla-Bla créées.

Un peu de bricolage et une bande de potes aux manettes

Toutes les émissions sont tournées dans un studio, en dur. "C’était un décor à l’ancienne qui coûtait assez cher parce qu’il fallait à chaque fois le construire, le déconstruire et ainsi de suite. Mais, cela permettait de faire du vrai bricolage, et donc à l’enfant de reconnaître les vrais matériaux. Je me souviens d’un iceberg que nous avons construit avec de la frigolite. A l’écran, on voyait bien que ça avait été fabriqué à la main, mais ça avait un caractère authentique", se souvient Bernard Halut.

"Ici Bla-Bla" a ensuite été tourné dans un studio en virtuel, ce qui a compliqué un peu les choses. "On était face à un fond vert. Nous n’avions pas le contact avec les objets, les lieux. Cela ne nous permettait pas de travailler de la même façon. Visuellement, on s’est rapprochés de ce qu’était Bla-Bla, c’est-à-dire un ordinateur, mais quelque part, ça refroidissait un peu l’ensemble", explique le créateur.

Néanmoins, ce dernier reconnaît que le virtuel était intéressant car il leur a permis de faire des trucs complètement délirants, comme par exemple, faire rouler des vélos sur des façades de maison ou voyager dans l’espace.

Wilbur Disquedur, Monsieur Virgule, Louis Toutpti et Mamie Nelly…

Toutes les personnes travaillant sur le programme étaient sur la même longueur d’onde et possédaient un esprit créatif immense. En 15 saisons d’Ici Bla-Bla, cette équipe s’est transformée en une bande de potes qui s’amusaient, avec leurs crayons et leurs cahiers, à créer l’émission qui devait passer sur antenne le soir. "On s’entendait d’ailleurs tellement bien que les comédiens se sont investis dans les scénarii. Ils changeaient des mots, ils interprétaient leurs personnages. Je connaissais aussi certains comédiens de réputation. Plusieurs avaient fait l’IAD comme moi. C’était une chaîne de fabrication où chacun avait une liberté malgré tout. On fonctionnait sur la confiance, ce qui était très important", se remémore le réalisateur.

Blabla, c’était aussi le duo voix mains composé de Benoît De Leu et Françoise Wibert. "Ma grande amie, Françoise Wibert, faisait les mains, et moi je m’occupais de la voix et des yeux. Et ce qui était extraordinaire, c’est qu’Ici Bla-Bla, c’était plus de 150 émissions par an. Au bout de 4, 5, 6, 10 ans, on avait une complicité incroyable. Et, il arrivait souvent qu’on ne savait plus si c’était Françoise, qui par les mains, amenait le jeu ou si c’était moi" confie Benoît De Leu. Wilbur Disquedur est aussi arrivé dans la blamatique, car "il fallait bien un méchant", explique Bernard Halut.

Par la suite, Louis Toutpti a surgi en bas de l’écran pour conter aux enfants des histoires émouvantes. Dans son costume à bretelles, coiffé de son chapeau, Louis Toupti faisait partir les enfants dans les nuages.

Enfin, Monsieur Virgule nous faisait rire et rendait la langue française encore plus belle sous ses rimes, ses calembours, et autres jeux de mots inventés par celui qui l’incarnait, Bruno Coppens. Difficile de jongler aussi bien avec la langue française que lui, et pourtant la rendre belle aux yeux des enfants. "Ici Bla-Bla", c’était aussi ces personnages-là.

Tout est rose et bleu, ce n’était pas notre truc

Leurs sources d’inspiration, ils allaient les chercher chez leur progéniture. "On baignait dans les enfants. Nous avions donc le public représenté devant nous, et moi j’observais mes enfants. Je voyais les jeux qu’ils faisaient, et comme en plus, j’étais dans une école ouverte, à l’esprit un peu alternatif, j’avais la complicité des instituteurs. Cela nous aidait beaucoup à nous inspirer. Ensuite, nous avions tous des envies plutôt éducatives. Nous avions une vision de l’éducation qui était plutôt alternative. On se faisait la remarque que c’était toujours les mêmes choses qu’on donnait à voir aux enfants. Nous voulions aller plus loin et oser parler de sujets qui n’étaient pas réputés être pour des enfants. Mais, ils l’étaient, en réalité, car les enfants font partie de la société. Faire comme dans Walt Disney, où le monde est tout beau, tout gentil, n’était pas notre truc."

"Ici Bla-Bla" est donc d’abord le fruit de rencontres entre des esprits créatifs qui voulaient juste apprendre aux enfants en les émerveillant. Après, il suffisait d’ajouter quelques litres d’imagination, un brin de sincérité, et plusieurs kilos de joie de vivre et voilà comment une petite bouille sympa a marqué une génération entière d’enfants…

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK