ICANN, la Mecque des noms de domaines, se libère des Etats-Unis

Désormais, la tutelle de l'ICANN est assurée par la communauté mondiale de l’internet. Et cela fait pas mal de monde.
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Désormais, la tutelle de l'ICANN est assurée par la communauté mondiale de l’internet. Et cela fait pas mal de monde. - © ROSLAN RAHMAN - AFP

Pratiquement inconnu du grand public, l’ICANN est un organisme essentiel au bon fonctionnement d’internet. Et, pour la première fois depuis près de 18 ans, il ne dépend plus du seul gouvernement américain.

Tout est dans son nom : Internet Corporation for Assigned Names and Numbers. Cet organisme californien sans but lucratif a pour mission de gérer et attribuer les noms de domaines des sites internet et les adresses IP - les adresses internet - de ces sites. L’ICANN, est un peu la Mecque des noms de domaines. Elle est unique et remonte à 1998. Elle avait été créée par Bill Clinton qui voulait garantir un internet unique dans le monde (et pas seulement dans le monde occidental).

Independance day

Si ce nom remonte à la surface, c’est parce que, voici quelques jours, l’ICANN a décroché son brevet "d'indépendance." Il ne dépend plus des autorités américaines. Concrètement, ce n’est plus le gouvernement américain qui exerce une tutelle sur l’ICANN. Un combat mené par des Etats, puis par la commission européenne depuis 2009. La pression avait encore augmenté en 2013 avec les révélations d’Edward Snowden. L’épée de Damoclès américaine faisait tache.  

Désormais, la tutelle est assurée par la communauté mondiale de l’internet. Et cela fait pas mal de monde. Cette communauté réunit les organismes nationaux qui décernent les noms de domaines (comme DNS en Belgique qui gère les noms avec extensions ".be"). On y trouve encore L’organisme qui attribue les adresses ".com." qui comptent pour la moitié des noms de domaine dans le monde. S’ajoutent des organismes commerciaux, de défense des droits des propriétés intellectuelles et de marques, les Etats (un conseil consultatif des gouvernements) et même des internautes qui sont représentés dans chaque pays (via l’ISOC). Les institutions européennes sont, elles, aussi représentées. Enfin, il y a deux représentants pour la Belgique, l’un pour SPF Economie et l’autre pour l’IBPT qu’on présente souvent comme le contrôleur des télécoms en Belgique.

Aujourd’hui, malgré les réticences politiques des républicains qui voulaient maintenir la tutelle américaine, l’ICANN est libre.

Et ça change quoi ?

Cela ne change pas grand-chose. Dans la pratique, explique Philip Du Bois de DNS.BE, le gouvernement américain n’est jamais intervenu. "Il aurait pu le faire en imposant de créer ou d’interdire des extensions de nom de domaine, mais il ne l’a jamais fait."

L’ICANN va donc continuer à distribuer les noms de domaines des sites internet ainsi que les adresses IP, ces séries de 4 fois 3 chiffres qui sont un peu des plaques d’immatriculation informatique. Les "plaques" à 12 chiffres (IPV4) sont d’ailleurs en migration vers des litanies de caractères (ipV6) qui permettent désormais de créer, une adresse IP pour chaque cm2 de la planète.

Qui finance quoi ?

L’ICANN administre notamment 13 serveurs racines d’internet. 10% du financement sont assurés par les détenteurs d’un nom de domaine. Si vous détenez l’adresse monnom.be, vous payez chaque année une redevance dont une partie est ristournée à l’ICANN. Les 90 autres % sont versés par des organismes commerciaux comme Verisign qui gère notamment les noms de domaines ".com".

Peut-on créer n’importe quel nom de domaine?

Seul l’Icann crée les noms de domaine de premier niveau. Cela comprend les extensions des pays (.be ou .fr), les nom de domaine générique (.net, .biz, .jobs…) et les noms régionaux comme (.cat pour Catalogne). Mais tous les 3 ou 4 ans l’ICAAN crée des nouvelles extensions sur base de propositions. La dernière fois, en 2012, l’ICANN a accepté les extensions " .Brussels " et " .Vlanderen ". Des extensions qui ont tout de même coûté 185 000 dollars pièce. La Wallonie n’avait pas déposé de demande, mais une nouvelle fenêtre de candidature devrait s’ouvrir en 2018. On a le temps de se préparer.

A ce jour, notre pays compte 1,55 million d’adresses ".be".  

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