Google référence à nouveau les sites de quotidiens francophones

Google référence à nouveau les sites de quotidiens francophones
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Google référence à nouveau les sites de quotidiens francophones - © Capture d'écran - RTBF

Les sites des quotidiens francophones sont à nouveau être référencés sur Google. Le moteur de recherche les avait évincés de son index suite à un contentieux avec leur gestionnaire de droits d'auteurs Copiepresse.

Selon un communiqué de Google, Copiepresse a donné à l'entreprise américaine "l’assurance de pouvoir inclure à nouveau leurs sites" dans l’index de son moteur de recherche "sans devoir appliquer les pénalités ordonnées par la justice".

Le rétablissement du référencement "prendra probablement encore plusieurs heures avant que l'index ne soit mis à jour et que les sites des membres de Copiepresse soient à nouveau visibles", avait précisé le porte-parole de Google pour le Benelux à l'agence Belga.

Peu après 18h00, nous constations le retour du référencement de tous les sites concernés dans l'index de Google.

Pour rappel, le leader mondial des moteurs de recherche avait supprimé les sites de presse quotidienne francophone suite à sa condamnation par la Justice belge dans l'affaire qui l'oppose à Copiepresse (le gestionnaire des droits d'auteur pour la presse quotidienne francophone et germanophone).

Google avait été condamné, en février 2007, dans le cadre de ce litige. Une condamnation confirmée en mai 2010 par la Cour d'appel de Bruxelles. 

L'entreprise américaine avait été contrainte de retirer tous les articles des journaux concernés de "Google news" sous peine d'une astreinte de 25 000 euros par jour.

"Nous avons une nouvelle fois donné notre accord pour que les sites de nos membres soient référencés dans le moteur de recherche de Google", a expliqué Margaret Boribon, la secrétaire générale de Copiepresse.

Selon Google, le retrait des sites concernés de son index ne consitituait qu'une stricte application de la décision de justice.

Une manoeuvre "inutile, idiote" et relevant de la "malhonnêteté intellectuelle"

En février 2007, à la suite du premier jugement du tribunal dans l'affaire opposant Copiepresse à Google, le groupe technologique américain avait déjà retiré les sites des journaux concernés de son référencement. "Nous n'avons fait que répéter ce que nous avions déjà dit à ce moment-là", a insisté la secrétaire générale de Copiepresse, qui dit ne pas comprendre pourquoi Google a réitéré vendredi son déréférencement.

Lundi en fin de journée, Google a expliqué dans un communiqué qu'il n'avait jamais eu la volonté d'exclure les sites concernés de son index mais qu'il était tenu de respecter le jugement du tribunal, "à moins que Copiepresse n'intervienne".

Le jugement rendu en mai dernier par la cour d'appel de Bruxelles, qui confirme en grande partie celui du tribunal de première instance, ne concerne cependant que Google Actualités et la mise en cache des articles, selon Copiepresse. "Et donc pas le référencement dans le moteur de recherche", conclut Margaret Boribon, qualifiant l'action de Google d'"inutile, idiote" et relevant de la "malhonnêteté intellectuelle".

IPM appelle Google à traiter les créateurs de contenus avec respect

Le groupe IPM, qui édite La Libre Belgique et La Dernière Heure ainsi que leurs sites web, est également d'avis que les éditeurs de presse n'avaient pas à autoriser une nouvelle fois Google à indexer leurs contenus dans son moteur de recherche puisque cette autorisation avait déjà été donnée en 2007. Il appelle dès lors Google à traiter les créateurs de contenus de manière juste et plus respectueuse.

"La récente décision de la cour d'appel de Bruxelles ne changeait rien à cet accord déjà donné", souligne François le Hodey, administrateur délégué du groupe IPM, dans un communiqué diffusé lundi soir.

"La décision de sortir brutalement les sites de presse du référencement, annoncée sans préavis vendredi dernier, a manifestement été prise dans un contexte de désorganisation chez Google, car il n'y avait aucune justification juridique valable à cette mesure unilatérale", estime-t-il.

L'administrateur délégué du groupe précise cependant que les éditeurs de presse francophone ont confirmé leur volonté de ne pas être repris dans le moteur de Google Actualités.

"Lorsque l'on est devenu dans les faits le plus grand organisateur des savoirs sur le web, on a une responsabilité considérable dans le traitement juste des créateurs de contenus", conclut le communiqué d'IPM, ajoutant espérer à l'avenir que "Google veillera à traiter plus respectueusement tant la presse que les utilisateurs de son moteur de recherche".

Ju. Vl. avec Belga

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