Gergely Madaras: directeur musical de l'Orchestre Philharmonique Royal de Liège: "Un concert en live est toujours un événement"

Ce qui change avec Gergely Madaras c’est d’abord la tradition qui veut que le chef d’orchestre tourne le dos à son public.
Ce qui change avec Gergely Madaras c’est d’abord la tradition qui veut que le chef d’orchestre tourne le dos à son public. - © Tous droits réservés

Présenté comme l’un des virtuoses de sa génération, le Hongrois Gergely Madaras est âgé de 35 ans et parle 5 langues. Chef d’orchestre moderne, il maîtrise la diffusion numérique sur les réseaux sociaux et sait faire interagir ses oeuvre symphoniques avec le théâtre et le cinéma. Pour lui, l’orchestre symphonique a conservé toute sa modernité.

Tourner le dos au public, c’est fini

Ce qui change avec Gergely Madaras c’est d’abord la tradition qui veut que le chef d’orchestre tourne le dos à son public. "Nous sommes des musiciens du XXIe siècle. Nous devons nous adresser à notre public à notre façon. Saluer le public pendant trois secondes et lui tourner le dos, c’est terminé. Notre responsabilité est de sortir de notre tour d’ivoire et de nous connecter avec le public."

Car la musique classique doit être pour tout le monde. "Nous jouons une musique ancienne, mais qui suscite toujours les mêmes sentiments et les mêmes valeurs que dans le passé. L’amour, la colère… La musique classique est la même, mais c’est la manière de la présenter qui est différente."

L’artiste le reconnaît, le public en 2019 est classique, traditionnel et assez âgé. Mais de nouvelles générations montrent de l’intérêt pour les concerts présentés de manière plus interactive. "On a des séries destinées aux publics jeunes durant lesquelles nous expliquons comment nous faisons et écoutons la musique." C’est le cas de ‘Music factory‘ qui veut établir le lien entre la musique, les œuvres et les mouvements sociaux. "La culture est toujours un miroir des relations sociopolitiques de notre époque. Les œuvres réagissent sur un événement à une époque de changement."

La Hongrie et la culture

Gergely Madaras est originaire d’un pays, la Hongrie, où le président Orban a dissous le ministère de la culture: "Mes valeurs sont très différentes de celle du régime hongrois. Je travaille beaucoup à l’étranger. La communication et la transparence sont des valeurs importantes. Si je transmets cela, c’est déjà un changement contre le régime."

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