Gamescom: les développeurs belges présents en masse au salon du jeu vidéo

Le stand belge de la Gamescom réunissait 30 des 80 développeurs belges.
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Le stand belge de la Gamescom réunissait 30 des 80 développeurs belges. - © Tous droits réservés

Le salon Gamescom ouvre ses portes au public jusqu’au 25 août. Nous étions à l’ouverture de ce salon international consacré au jeu vidéo. Pour les connaisseurs, c’est un peu la version européenne de l’E3, un salon géant du jeu qui, lui, se tient à Los Angeles vers la mi-juin. Mais Gamescom n’est pas un nain pour autant. Avec 1000 exposants et près de 350 000 visiteurs, C’est à la fois le rassemblement des spécialistes et des fous de jeux. La moyenne d’âge y est généralement de 19 ans. Pour y accéder, comptez 18 euros et l’entrée est payante dès 6 ans.

Le jeu vidéo reste un (très) gros marché commercial 

Le chiffre d'affaires mondial, c’est 100 milliards de dollars. Ce serait la deuxième industrie culturelle au monde, derrière l’édition de livre qui représente 115 milliard. 

Et la Belgique dans tout ça? Chez nous, le jeux vidéo pèse près de 250 millions d’euros, dont plus de 90 millions pour le développement de jeux. On est loin des 3,5 milliards de la France, mais il existe tout de même près de 80 studios de création de jeux vidéo, principalement basés en Flandre et à Bruxelles. Ceci s’explique par la création en 2011 du Gamesfonds au sein du VAF, qui a réellement permis de dynamiser le secteur. Bruxelles a répondu plus tard aux enjeux du secteur avec la création en 2016 de screen.brussels, dont le cluster accompagne les entreprises de jeux vidéos et dont le fond soutient les projets de jeux vidéos. Il y a deux ans la Belgique occupait la 29ème place mondiale du jeu vidéo. Avec 4,2 millions de joueurs actifs, dont 50% paient pour acheter des jeux. En moyenne 122 euros.

 

Les développeurs belges présents en force à Cologne 

30 entreprises belges sont réunies dans un stand partiellement financé par les trois Régions du pays. Un avantage de la Gamescom pour les petits développeurs est de pouvoir rencontrer les grands groupes. Et surtout de pouvoir montrer ce qu’il font. Pour eux, il est souvent impossible de se rendre à Los Angeles pour l'E3 ou à Tokyo pour le Tokyo Game Show.

La Belgique a la technologie et les écoles à la hauteur de ses ambitions

Cette année, un bel exemple de réussite est celle du Belge Dirk Van Welden, de l’entreprise I-llusion. Il s’est hissé dans le top 5 des jeux de réalité virtuelle avec son jeu Space Pirate VR, une sorte de "Space Invader" en réalité virtuelle. Il a déjà convaincu 200.000 joueurs sur PC et commence sa commercialisation sur Play-Station. Selon lui les Belges ont la technologie et des écoles à hauteur des ambitions du pays.

Un autre exemple est celui de Guillaume Bouckaert, qui s’est lancé comme indépendant depuis 3 ans et vient de signer un contrat avec un éditeur français Playdius pour lancer son jeu (sU and the Quest for Meaning). Selon lui, le salon Gamescom apporte avant tout de la visibilité. Il espère commercialiser son premier titre au début de l’année prochaine. Son budget actuel est de 80.000 euros. rien à voir avec les millions des leaders du marché.

La Gamescom accueille aussi le congrès E-sports. On y assistera à de grands tournois sur les jeux à la mode comme League of Legends et Fortnite. Phénomène mondial de combat en groupe, l’E-sport compterait, selon Damier Rapoye de Gamer XL près de 20.000 adeptes, dont un petit nombre seulement parvient à vivre de leur passion.

Les principaux défis des entreprises belges de développement de jeu

Les critiques sont toujours les mêmes: le problème belge est qu’il n’existe pas de grosse entreprise de jeu vidéo. Pour acquérir une première expérience, il faut alors partir aux USA ou au Canada. Tous critiquent aussi la difficulté, selon eux, d’être indépendant et entrepreneur. Il faut savoir que les 80 entreprises belge de gaming sont toutes des PME… Raison pour laquelle de nombreux talents belges s’en vont aux USA.

Mais il y a des perspectives. Présente au Gamescom au titre de Secrétaire d'Etat bruxelloise chargée du numérique, Cécile Jodogne explique que la Région favorise le secteur numérique via le plan Nextech d’un montant de 8 millions d’euros. C’est la troisième année que la région participe à l’envoi d’entreprises belges.

La région (Bruxelles Economie emploi) soutient aussi Digitizer, actif dans les domaines du jeu vidéo, de l’internet des objets, de l’intelligence artificielle et de la réalité virtuelle.

Par ailleurs, une proposition de loi a été déposée au niveau fédéral en mai dernier (CD&V, MR, Open VLD). Elle vise à adapter la législation sur le tax shelter au monde du jeu vidéo. Des entreprises pourraient alors, comme c’est déjà le cas pour le cinéma et les arts du spectacle, investir dans le gaming en bénéficiant de réductions fiscales. …Et ça permettrait de libérer quelques millions pour le secteur.

Les grandes tendances pour les prochaines années

D’abord, le jeu du futur passera par la Réalité virtuelle. Le défi du futur est aussi celui du cloud gaming qui va dématérialiser les consoles de jeu et permettre de jouer directement en ligne en streaming. Et ça va coûter cher en infrastructure.

Reportage dans notre journal télévisé de 13 heures:

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