G. Verhofstadt et D. Cohn-Bendit publient un plaidoyer pour l'Europe fédérale

Guy Verrhofstadt et Daniel Cohn-Bendit au Parlement européen, ici en 2010
Guy Verrhofstadt et Daniel Cohn-Bendit au Parlement européen, ici en 2010 - © EPA/OLIVIER HOSLET

"L'Europe doit une fois pour toutes se défaire du nombrilisme de ses Etats-nations", demandent Daniel Cohn-Bendit, co-président du groupe des Verts au Parlement européen, et Guy Verhofstadt, le chef de file des Libéraux européens, dans un livre-manifeste pour les Etats-Unis d'Europe.

"Une Union fédérale européenne doit voir le jour", plaident les deux ténors du Parlement européen dans leur livre "Debout l'Europe !" qui paraîtra simultanément en six langues le 1er octobre. La proposition n'est pas surprenante de la part du leader écologiste et de l'ancien Premier ministre belge, champions depuis longtemps d'une Europe fédérale. Mais elle intervient presque à contre courant, alors que le désenchantement pour l'idéal européen, miné par la crise de la dette, est plus fort que jamais.

Le fonctionnement actuel de l'Union européenne a montré ses limites, affirment les deux hommes, selon lesquels l'Europe "souffre d'une crise existentielle" qui met en péril tout l'édifice européen. Parallèlement, pas question de "tomber dans le piège de l'identité nationale", soulignent-ils. "L'identité nationale est le dernier habillage de la vieille idéologie nationaliste". Refusant "la stratégie des petits pas", ils dénoncent "la lâcheté et le manque de vision" de trop de chefs d'Etat et de gouvernements européens. Pour eux, la transition "vers une Europe politiquement unie et fédérale" doit être "rapide et déterminée".

Le Parlement européen doit se proclamer Constituante

Sans Europe fédérale "la monnaie unique disparaîtra", mettent-ils en garde. Les deux eurodéputés proposent donc qu'après les élections européennes de 2014, le Parlement européen s'autoproclame Constituante, avec l'objectif de rédiger une Constitution européenne pour définir les principes d'une Europe fédérale. Cette Constitution, brève précisent-ils, "devra être approuvée par référendum dans tous les pays à la double majorité (majorité des Etats et des citoyens). Les Etats qui auront voté 'Non' devront ensuite décider, toujours par référendum, s'ils restent dans cette nouvelle Europe fédérale ou s'ils en sortent". "Je reconnais qu'il y aura un problème si l'Allemagne ou la France refusent la nouvelle Constitution", admet Daniel Cohn-Bendit, par ailleurs favorable, comme Guy Verhofstadt, à l'adhésion de la Turquie à l'UE.

Daniel Cohn-Bendit ne devrait personnellement pas participer à l'aventure puisqu'il vient d'annoncer qu'il ne se présentera pas aux élections européennes de 2014. L'ouvrage de 158 pages se compose pour moitié du manifeste et pour moitié d'un entretien avec le journaliste du quotidien français Libération, Jean Quatremer, lui-même fédéraliste européen convaincu.

AFP

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