France: la liberté de la presse malmenée dans l'affaire Bettencourt

Liliane Bettencourt
Liliane Bettencourt - © HORST OSSINGER (archives EPA)

Une enquête menée à la suite d'une plainte judiciaire du journal Le Monde confirme que les services de renseignement intérieurs se sont procuré les listes des appels téléphoniques d'un de ses journalistes, Gérard Davet. C'est une atteinte à la liberté de la presse et le pouvoir est embarrassé.

L'été dernier, le site Mediapart et le journal Le Monde ont publié des extraits d'écoutes téléphoniques qui révélaient des liens entre l'entourage de la milliardaire Liliane Bettencourt et celui qui était alors ministre du Travail, Eric Woerth. Il a été soupçonné d'avoir fait embaucher son épouse par le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt.

En juillet, après la publication d'un article de Gérard Davet, la DCRI, la Direction Centrale  du Renseignement Intérieur, un service dirigé par un proche de Nicolas Sarkozy, va demander les listes d'appels et de sms du journaliste auprès de son opérateur téléphonique, Orange, ce qui permet d'identifier l'informateur du journaliste. Il s'agit du magistrat David Senat, un conseiller de la ministre Michèle Alliot-Marie. L'homme est immédiatement suspendu et mis au placard.

L'affaire scandalise la presse

Le journal Le Monde dénonce l'existence d'un cabinet noir proche de Nicolas Sarkozy, Libération titre "Menteurs d'Etat". Embarrassé, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, jeudi, a essayé de disculper le pouvoir en disant qu'il s'agissait non pas de porter atteinte  à la liberté du journaliste d'informer mais d'identifier la source. Mais, précisément, la loi  française impose le respect du secret des sources des journalistes. L'espionnage des  listes d'appels des journalistes contrevient aussi  à l'article 10 de la Convention européenne des Droits de l'Homme.

 

Françoise Nice

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