France: la justice saisie après des clips "antisémites" d'un rappeur

Le rappeur Freeze Corleone.
Le rappeur Freeze Corleone. - © Colors / Youtube

Le gouvernement français a annoncé jeudi avoir saisi la justice au sujet de plusieurs clips jugés "antisémites" et "négationnistes" du rappeur Freeze Corleone, après la mobilisation d'une cinquantaine de députés du parti présidentiel.

Le Délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah) Frédéric Potier a indiqué avoir fait un signalement auprès du procureur de Paris après avoir recensé neuf passages qui constitueraient une incitation à la haine raciale, selon une saisine consultée par l'AFP.

Le ministère de l'Intérieur a également affirmé à l'AFP qu'un signalement serait fait dans l'après-midi.

Dans des extraits de ses clips diffusés sur les réseaux sociaux et compilés notamment par la Licra, cette figure montante du rap français déclare entre autres: "J'arrive déterminé comme Adolf dans les années 30", "tous les jours RAF (rien à foutre, ndlr) de la Shoah" ou bien encore "comme des banquiers suisses, tout pour la famille pour que mes enfants vivent comme des rentiers juifs".

Plus tôt dans la journée, une cinquantaine de députés de la majorité au pouvoir avaient appelé à des sanctions, se disant "profondément choqués des propos absolument détestables antisémites et négationnistes tenus par 'Freeze Corleone'".

Apologie du nazisme

"Ce dernier fait ouvertement l'apologie du nazisme et l'éloge du terroriste Mollah Omar", écrivent les députés parmi lesquels l'ex-ministre de la Transition Ecologique, François de Rugy, ou la présidente de la commission des Lois, Yaël Braun-Pivet.

Les élus ont demandé au ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, "d'agir pour que l'auteur de ce clip abject soit puni". "Notre République ne peut accepter que la pseudo expression artistique puisse servir de prétexte aux appels à la haine ou à l'apologie du terrorisme", ont aussi commenté les députés. "Ne laissons plus rien passer", ajoutent-ils.

Dans un tweet publié dans la nuit de mercredi à jeudi, le ministre de l'Intérieur s'était lui aussi indigné de propos "inqualifiables". "J'appelle Facebook et Twitter à ne pas diffuser ces immondices", avait écrit Gérald Darmanin.

La Licra (Ligue contre le racisme et l'antisémitisme) a estimé que "l'impunité doit cesser", demandant à l'ensemble des acteurs dont les grandes plateformes de diffusion de musique en ligne de "prendre leurs responsabilités".

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